Château Cheval Blanc (photo LVMH)
Château Cheval Blanc (photo LVMH)

Même par ouï-dire, on sait désormais que le millésime 2018 s’annonce particulièrement intéressant dans tous les vignobles français et notamment à Bordeaux. Mais ce que l’on sait moins, c’est que le caractère exceptionnel de ce millésime réside dans la climatologie particulière que Dame Nature offre aux vignerons pour les vendanges.

Que ce soit en rive gauche, à Pessac-Léognan ou en rive droite, les vignerons peuvent prendre le temps de récolter à leur guise grâce à des journées ensoleillées et à des nuits fraiches. Un rêve que certains pensaient inaccessible.

D’autant que cette « fenêtre de tir » permet aux terroirs de pleinement s’exprimer et laisse aux équipes techniques le temps de la réflexion. Pierre-Olivier Clouet, le talentueux directeur technique de Château Cheval Blanc à Saint-Émilion, applique cela à son vignoble : “c’est mon dixième millésime à Cheval Blanc et je dois avouer avoir rarement vu un temps de ramassage aussi long. Cette année, les parcelles les plus précoces sont celles avec de l’argile. Elles ont moins souffert durant l’été”.

Il est vrai que l’été fut très chaud et sec sans toutefois connaitre des excès, notamment pour les températures nocturnes, comme en 2003. Une bénédiction pour les vignerons qui ont dû lutter contre un printemps particulièrement complexe. « Nous avons décidé de passer en culture biologique cet hiver », explique Hubert de Boüard, copropriétaire de Château Angélus à Saint-Émilion. « Ce ne fut pas une partie de plaisir. Nous pouvons remercier nos équipes pour le travail accompli pour lutter contre le mildiou ».

Cette maladie cryptogamique, qui a fait des ravages chez certains, s’est développée de manière soudaine et rapide à cause d’un printemps chaud et humide. Fort heureusement, si cette dernière affecte la quantité, la qualité elle n’est pas amoindrie. D’autant que les chaleurs estivales ont permis aux raisins de murir dans des conditions idéales. « Dès fin aout, nous goutions des pépins déjà murs », explique Pierre-Olivier Clouet de Château Cheval Blanc. « Cette année, nous avons des notes de fruits rouges très nets et éclatants avec de la précision et des notes florales magnifiques » ajoute-t-il.

Un sentiment partagé par Hubert de Boüard particulièrement enthousiaste par les qualités des baies de raisins. « Nous avons des alcools de 14,2 % vol et des acidités de 3,7. C’est idéal sur le papier. Maintenant à nous de réaliser le travail nécessaire pour tirer parti de cette belle vendange ! »

Ci-dessous : table de tri à Angélus (photo Yohan Castaing)