La maison rémoise, choisie comme sponsor officiel de la Coupe du Monde, a été condamnée par le Tribunal de grande instance de Paris le 16 février dernier pour publicité illicite. Et s’est engagée à ne pas communiquer auprès du grand public français autour de son statut de champagne officiel de l’événement sportif.

Taittinger n’a pas passé les qualifications. Suite à une ordonnance de référé rendue par le Tribunal de grande instance de Paris le 16 février dernier, la maison rémoise s’est vue imposer de ne pas faire de publicité en France vantant son statut de Champagne officiel de la Coupe du monde de football. Une interdiction qui se rappelle douloureusement à Taittinger au lendemain de la victoire en match amical de l’équipe de France sur les Pays-Bas, à quelques mois du début de la Coupe du monde.

A l’origine de la condamnation de Taittinger, une plainte de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) pour non-respect de la loi Evin. Ce texte ne prohibe pas la publicité des boissons alcooliques mais l’encadre strictement quant à son contenu et à son support (limités à des critères objectifs concernant la description du produit : degré d’alcool contenu, origine, dénomination…). Etaient en cause des publicités parues dans la presse quotidienne à l’occasion du match qualificatif France/Ukraine du 19 novembre 2013. Les encarts représentaient une bouteille de champagne Taittinger accompagnée de slogans tels que “Taittinger déjà qualifié pour le Brésil”, “Taittinger champagne officiel de la Coupe du monde de la Fifa 2014” ou “Quand les ballons pétillent”. L’argument de l’ANPAA pour solliciter le retrait de ces publicités ? Elle leur reprochait d’associer « les boissons alcooliques à un événement sportif, [leur] donnant par là même une image particulièrement favorable. » Et d’ajouter « [Notre] objectif est d’adresser un signal afin que ce type de publicités mêlant événement sportif, victoire et boissons alcooliques n’ait pas cours sur le territoire français durant la Coupe du monde à venir ».

Un argument entendu par le Tribunal de première instance de Paris. La juridiction a déclaré ces publicités illicites car « particulièrement incitatives à la consommation d’alcool, sans rapport avec le contenu autorisé dans une publicité en faveur des boissons alcooliques ». La maison de Champagne a dû, en plus du retrait des publicités litigieuses et de « l’interdiction de faire sur le territoire français et accessible en France toute publicité faisant référence aux événements de la Coupe du Monde de football », payer une amende de 2.500 €.

Dans un communiqué du 5 février, la maison Taittinger s’est engagée à respecter cette interdiction. Mais elle « n’en déplore pas moins une limitation abusive dans la communication et la promotion d’un produit événementiel d’excellence, porteur de l’image de la France dans plus de 120 pays ». Avec cette condamnation, Taittinger est sponsor officiel partout, sauf dans l’Hexagone.

Laura Bernaulte