(Photos F. Hermine)
(Photos F. Hermine)

L’organisme de défense de la filière viticole, Vin & Société, vient d’investir dans une campagne de sensibilisation au geste de recracher à la dégustation des vins, notamment dans les caveaux.

“Ceux qui recrachent nos vins l’adorent » Ce sont des professionnels du vin, vigneron, œnologue, sommelier… qui l’affirment haut et clair sur les visuels de la nouvelle campagne de Vin & Société qui devrait fleurir dans les mois prochains sur les murs des caveaux. L’organisme de défense de la filière viticole s’attaque à un a priori bien ancré chez les visiteurs des vignerons et veut profiter du développement de l’œnotourisme (déjà 10 millions d’œnotouristes dans l’Hexagone dont 40% internationaux) et de la démocratisation de la dégustation pour transmettre ce nouveau message. “Il est vrai que ce n’est pas dans notre éducation de cracher, sauf quand on se lave les dents ; sinon on nous apprend dès l’enfance que ça n’est pas poli et pas propre, reconnaît le président de Vin & Société Joël Forgeau. Mais le visitorat change, la clé d’entrée n’est plus seulement l’achat de vin dans les caveaux mais la recherche d’une expérience, d’un plaisir, d’une idée pour associer à un plat et si on explique que recracher permet de goûter une plus large gamme pour mieux choisir et que le vigneron ne prendra pas mal ce geste, bien au contraire, on peut instaurer progressivement de nouvelles habitudes”. Outre le fait qu’il ne sert à rien d’avaler, nos papilles sont sur la langue et pas dans la gorge. La perception du vin passe par le nez via la rétro-olfaction (quand les arômes remontent lorsque l’on aspire un peu d’air, c’est à dire grumer) et par la bouche où se loge un demi-million de récepteurs .

100 000 € pour apprendre à recracher

“Mais si la dégustation s’apprend, recracher aussi, avoue la déléguée générale de Vin & Société, Krystel Lepresle. Ce programme s’inscrit dans la contribution de la filière au Plan National de Santé Publique à deux grands engagements : favoriser la responsabilisation de la consommation de vin et contribuer à protéger les populations à risque”. D’où un budget de 100 000 € pour une page dédiée avec video conseil afin d’apprendre à recracher (www.vinetsociete.fr/recracheradorer), l’édition de 10 000 fiches et 20 000 flyers disponibles sur simple demande auprès des Interprofession et de Vin & Société et une communication sur les réseaux sociaux via le hashtag #recracheradorer. “Pas une dégustation sans un crachoir à disposition, assure Hervé Gomas, vice-président du SCP (Syndicat des Cavistes Professionnels). Aujourd’hui, plus de la moitié des néophytes recrache, quasiment tous les amateurs le font mais nous allons relayer l’opération auprès de nos adhérents et le diffuser sur notre site web”. Reste à savoir si et quand recracher finira par faire partie du rituel de dégustation des consommateurs.