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Enquête douanière sur du vin languedocien vendu comme AOC du Bordelais

Auteur

AFP

Date

11.12.2017

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Les douanes ont ouvert une enquête sur un système de fraude qui aurait permis de faire passer plus de 4.000 hectolitres de vin en vrac produit dans le Languedoc pour des appellations du vignoble bordelais, via des faux documents, a-t-on appris lundi de sources proches de l’enquête.

Selon le site spécialisé Vitisphère qui a révélé l’affaire fin novembre, cette fraude aurait été orchestrée entre 2012 et 2014 par une société de négoce de Libourne (Gironde) ayant depuis cessé son activité. Elle est soupçonnée d’avoir brouillé la traçabilité des lots de vin en falsifiant les documents administratifs de départ et d’arrivée.

Le trafic porterait au total sur 4.200 hl de vins, produits dans le Languedoc mais à partir de cépages présents également dans le bordelais, qui auraient été modifiés frauduleusement en Bordeaux, Pomerol, Margaux ou Saint-Julien. Des crus achetés ensuite par « les plus grands noms de la place de Bordeaux » à des prix bien supérieurs à ceux du vin en vrac languedocien, écrit Vitisphère.

Le dossier d’enquête douanière n’a pas encore été transmis à la justice, a-t-on indiqué à l’AFP de source proche du dossier.

La Confédération paysanne de Gironde avait déclenché une polémique en interpellant, la semaine dernière dans un communiqué, les organisations professionnelles des vins de Bordeaux, leur reprochant de se taire sur ces fraudes « au lieu de porter plainte comme cela s’est fait en Bourgogne ou en Languedoc ». « Ne pas porter plainte contre une fraude pareille, c’est réduire à néant l’image des appellations de Bordeaux dont les ventes s’effritent déjà en grande distribution », lançait le syndicat agricole.

La Fédération des Grands Vins de Bordeaux (FGVB), qui rassemble l’ensemble des producteurs de vins AOC de la Gironde, a répondu lundi en assurant avoir décidé « il y a plusieurs années, de se constituer partie civile dès lors qu’une affaire de fraude concerne les vins d’AOC de Bordeaux ».

La FGVB affirme qu’elle « poursuivra cette politique de lutte contre la fraude quels que soient les opérateurs incriminés et indépendamment de toute pression » mais estime ne pas pouvoir se porter partie civile dans l’immédiat car aucune information judiciaire n’a encore été ouverte.