Belle actualité en cette fin de mois de septembre au château Gruaud Larose, 2ème Grand Cru Classé 1855 (Saint-Julien). Au lendemain du coup d’envoi des vendanges, le propriétaire Jean Merlaut a présidé au baptême d’une nouvelle variété de rose, spécialement créée pour le château.

Un œil sur l’Histoire, un autre vers l’avenir. Dans la grande tradition bordelaise, le château Gruaud Larose, 2ème Grand Cru Classé 1855 en appellation Saint-Julien, concilie tradition et modernité avec un sens de l’équilibre savamment distillé. La cohabitation entre sa demeure classique et sa tour très XXIème siècle en atteste. Déjà très actif sur le terrain de l’œnotourisme, mais aussi sur la valorisation de son environnement, le château – propriété depuis 1997 de Jean Merlaut – vient d’ajouter un nouveau joyau dans son parc paysager de 3 hectares, qui abrite à ce jour 135 variétés de plantes : la rose “Gruaud Larose”.

Désireux de placer dans son parc une rose illustrant au mieux la propriété, Jean Merlaut a fait appel au rosiériste et obtenteur Michel Adam, un passionné des roses bardé de récompenses, qui a conçu plus de 60 variétés connues à travers le monde. Ainsi après une longue période de gestation, est né le premier et unique rosier “Gruaud Larose”, baptisé aujourd’hui même. Feuillage vert sombre, couleur blanc crémeux et rosé, parfum digne d’un macaron “Ispahan” de Pierre Hermé, entre rose orientale et pâte d’amande, relevée d’une touche acidulée… Cette rose s’offre désormais à la vue des quelque 8000 visiteurs qui viennent annuellement au château. Amusant : ces derniers peuvent aussi découvrir le parfum “Gruaud Larose 1989” élaboré par le “Nez” Stéphanie de Bruijn.

Vendanges de rêve

Cette journée de baptême était aussi l’occasion de faire le point sur le millésime qui s’annonce. Le coup d’envoi des vendanges a été donné hier, et déjà plus de 200 personnes – une centaine à la coupe dans les vignes – s’affairent pour participer à la naissance du 2016. Avec 82 hectares – 75 en production actuellement – et plus de 400 000 bouteilles produites en moyenne (150 000 de premier vin), il y a de quoi faire ! Nicolas Sinoquet, le jeune directeur général du domaine, se veut confiant pour la qualité du millésime, “mais il faudra être attentifs à la bonne maturité des merlots, le choix des dates de vendanges sera décisif”.

A cet égard, les astres semblent alignés pour Bordeaux : après la légère pluie d’il y a deux semaines, qui a permis de “souffler” après trois mois extrêmement secs, le temps s’annonce extrêmement clément durant toute la semaine prochaine. “Cela va nous permettre de ramasser sereinement les merlots, puis d’enchaîner avec les cabernets à la fin de la semaine prochaine”, se réjouit le chef de culture Patrick Frédéric, en poste depuis 26 ans. “Entre la petite pluie de mi-septembre, le soleil de ces derniers jours, le petit vent d’Est, les raisins sont magnifiques, dans un parfait état sanitaire, on va avoir de la qualité et du rendement. Si la pluie était tombée deux semaines plus tôt, on aurait pu annoncer quelque chose d’exceptionnel. Là, tout est en place pour que ce soit très bon. Les conditions me rappellent un peu celles de 1989″. 1989, un millésime qui se tient encore très bien, comme ont pu le constater les invités au baptême du jour…

Finalement, à Saint-Julien, malgré le stress des chaleurs estivales, on aimerait bien connaître un tel millésime chaque année. D’autant que les équipes de Gruaud Larose annoncent que dès 2017, la moitié du vignoble – soit une quarantaine d’hectares – sera conduite en biodynamie.