(photo AFP)
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Le président de la République François Hollande et l’un des candidats à sa succession, le maire de Bordeaux Alain Juppé, ont (presque) rangé les armes ce matin à l’occasion de l’inauguration de la Cité du Vin.

“Se rapprocher peut-être pas, mais aujourd’hui nous sommes ensemble”, lance François Hollande aux photographes qui lui demandent de se serrer plus près du maire de Bordeaux Alain Juppé, sur le parvis de la Cité du Vin. Le ton est donné. Il est 10h30 lorsque le cortège présidentiel arrive dans le quartier bordelais des Bassins à Flots : tous les officiels sont déjà là. Alain Juppé bien sûr, Alain Rousset président du conseil régional, le premier ministre géorgien, l’ambassadrice des États-Unis, l’ambassadeur de Grande-Bretagne… Sans oublier Sylvie Cazes, présidente de la Fondation de la Cité du Vin, Philippe Massol, directeur général de la Cité, les architectes Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, et bien sûr tous les représentants de la filière vin à Bordeaux. Avec 200 journalistes accrédités pour cette journée inaugurale, l’effervescence est palpable : après trois ans de travaux et 81 millions d’euros investis, la Cité du Vin va enfin ouvrir ses portes.

Le président de la République se prête à la visite du Parcours Permanent de la Cité, trinquant même avec Alain Juppé (son futur rival en 2017 ?) sur le belvédère. A François Hollande feignant de s’étonner d’avoir trinqué au champagne alors qu’il se trouve à Bordeaux, il n’aura pas échappé que la Cité du Vin est d’abord et avant tout destinée à parler de tous les vins du monde, bien au-delà des frontières girondines.

“Un atout majeur pour la France”

Dans un auditorium Thomas Jefferson réunissant tout le gratin du monde du vin à Bordeaux, dans la foulée d’une Sylvie Cazes chaudement applaudie et d’un Bernard Farges, président du CIVB, soulignant que la présence du président de la République atteste que “le vin est un atout majeur pour la France”, Alain Rousset, puis Alain Juppé et enfin François Hollande, ne manquent pas de souligner les enjeux agricoles, économiques, touristiques liés à la production de vin en France : “10 milliards d’euros dans la balance commerciale”, rappelle le président de la République. “Il faut aussi rappeler que sur les 80 millions de touristes qui viennent en France, le tiers disent venir pour la gastronomie et le vin”.

Alors que cette inauguration s’accompagne de manifestations anti-Loi Travail et anti-pesticides, les élus ne manquent pas non plus d’aborder ce sujet délicat, soulignant que les enjeux environnementaux et sanitaires seront cruciaux pour toute la filière dans les années à venir. “On ne peut pas taire ce qui est un problème de société”, lance Alain Rousset, au risque de faire grincer quelques membres de l’assemblée. Il en faut plus pour gâcher la fête : aujourd’hui, c’est entendu, tout le monde se bat à fleuret moucheté. Demain est un autre jour.