Les premières vendanges professionnelles d’Ile-de-France devraient avoir lieu “autour du 20 septembre”, selon les fondateurs de la Winerie Parisienne qui a pour ambition de “réinventer la filière viticole francilienne” disparue depuis le XIXe siècle.

Alors qu’il y avait plus de 40.000 hectares de vigne en Ile-de-France avant le XXe siècle, il n’a jamais été replanté après l’épidémie de phylloxera qui a décimé tout le vignoble français à la fin du XIXe siècle.

Les trois premiers hectares plantés en 2017 à Davron (Yvelines), dans la plaine de Versailles, seront vendangés pour la première fois cette année, a indiqué Adrien Pélissié, l’un des trois associés de la Winerie Parisienne qui fut à sa naissance en 2015 un chai urbain, assemblant des vins de cépage à partir de raisins importés de différentes régions viticoles françaises.

“A terme, nous souhaitons réinventer la filière viticole francilienne” a ajouté Julien Brustis, chargé de la vinification, lors d’une rencontre avec la presse. Avec Julien Bengué, financier issu de la presse en ligne, les trois partenaires de la société – qui emploie 12 personnes – ont diversifié l’activité de la Winerie, en se lançant dans la viticulture.

Sur les quelque 23 hectares qu’ils exploitent, acquis en portage par le département des Yvelines, seuls trois hectares sont en position d’être vendangés pour la première fois cette année, même si sept autres ont déjà été plantés après l’obtention de droits de plantation permise par le feu vert européen de 2016, ouvrant la voie à une augmentation de 1% de la surface viticole française.

“Nous avons planté avec l’idée de faire du blanc et du rouge en Vin de France VSIG (vin sans indication géographique) sur des cépages chardonnay et chenin (blanc) et merlot et pinot noir (rouge)” a précisé Julien Brustis.

Les trois associés trentenaires affirment se placer dans une logique de terroir et déposeront certainement une demande d’indication géographique francilienne. “Nous avons le temps”, a tempéré Julien Brustis qui souhaite d’abord goûter le premier vin professionnel francilien avant de se lancer dans la démarche de reconnaissance.

“Les Yvelines ont une vocation de terroir, plébiscitée par les consommateurs qui cherchent des circuits courts” a souligné Pierre Bédier, le président du conseil départemental qui a facilité l’accès à la terre des trois associés.

Les quelques vignes qui existent à Paris et en Ile-de-France, dont la plus célèbre est celle de Montmartre, sont exploitées par des associations.