(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Michael Paetzold aime inventer, randonner et vinifier, de quoi bien occuper ses journées entre l’entreprise bordelaise de procédés œnotechniques, et les vignes de Belesta dans le Roussillon.

D’origine allemande, l’œnologue (il a été l’élève de Dubourdieu) s’est d’abord fait connaître comme inventeur de process de filtration, stabilisation, embouteillage – sa société compte 7000 clients dans le monde. Il y a 15 ans, Michael Paetzold a eu “envie d’interpréter un terroir, plutôt au soleil et comme j’aimais l’hostilité de la randonnée en montagne, je me sentais à l’aise dans des paysages lunaires et minéraux du Roussillon”. Il tombe donc naturellement amoureux de vieilles vignes en restanques appartenant à des coopérateurs et qui devaient être arrachées, des grenaches sexagénaires, des syrahs de 30-40 ans et même des carignans post phylloxériques d’avant 1905. “A l’époque, on était à 15 hl/ha mais au bout de dix ans d’engrais bio, les vignes ont repris une belle vigueur”. Les vignes sur les contreforts pyrénéens non loin de Perpignan ont été rachetées pour la plupart à des vignerons de 80-90 ans qui taillaient encore leurs vignes et pour leur rendre hommage, Michael a donné leur nom aux parcelles.

Recherches sur le verre et l’oxygène

Le “jeune” vigneron et son régisseur-œnologue Vincent Chassignol vendangent tard, à la main, souvent trois semaines après les voisins, et jouent sur la précision de la maturité et de l’extraction douce pour ne pas rajouter d’oxygène et garder de la tension dans les vins. “Et après, on ne fait pas grand chose, surtout depuis que l’on utilise des barriques en verre”. Michaël qui reconnaît lui-même avoir une “faculté à chercher, trouver et faire”, élève tous ses vins en levures indigènes et en verre depuis le millésime 2014. Ils passent environ un an et demi dans une cinquantaine de barriques made in Tchéquie de 215 litres. “La barrique de verre est le seul matériau qui laisse passer toutes les ondes électromagnétiques, d’où l’intérêt d’essayer de comprendre comment fonctionne les énergies”. De façon moins ésotérique, il s’essaye depuis 2013 au micro-bullage pour expérimenter tous les apports d’oxygène car il reste sceptique sur son intérêt pour l’épanouissement du vin, même dans le verre. Et dans la foulée, le vigneron est redevenu inventeur en créant le bouchon-carafe Optiwine pour une meilleure aération du vin au service avec une quantité moindre d’oxygène.

En parallèle de ses recherches sur la nano-filtration, Michael a entrepris d’arracher et remembrer son domaine catalan pour optimiser les qualités des cépages (carignans noirs et blancs, grenache, syrah, macabeu… tout en conservant les vieilles vignes en sélections massales. Il produit entre 30 et 40 000 bouteilles par an, en bio certifié depuis 2001 et selon quelques principes en biodynamie. Il profite aujourd’hui d’une quinzaine d’hectares entre 250 et 450 m d’altitude, « un vignoble assez grand pour jouer un peu et assez petit pour éviter les prises de tête ». Il y a trois ans, il a racheté d’autres parcelles en Ardèche avec Vincent Chassignol, toujours pour chercher la finesse et l’élégance des terroirs d’altitude.