Président de l’association SudVinBio depuis 2013, Patrick Guiraud se réjouit de voir l’ampleur prise par le salon Millésime Bio, dont la 22ème édition se déroule à Montpellier du 26 au 28 janvier. Entretien.

Patrick Guiraud, à l’aube de cette 22ème édition de Millésime Bio, le salon professionnel des vins biologiques qui se tient au Parc Expo de Montpellier, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?

Tout d’abord, lorsque je suis arrivé à la présidence de SudVinVio il y a deux ans, l’événement fonctionnait très bien. Millésime Bio s’est installé, depuis sa création en 1993, comme le seul salon international de grande ampleur uniquement consacré aux vins certifiés bio. Au fil des éditions, sa notoriété n’a cessé de progresser, à tel point que nous sommes obligés de mettre de nombreuses demandes d’exposants sur liste d’attente.

Quelles sont les nouveautés à signaler pour cette 22ème édition ?
Cette année, nous avons voulu mettre l’accent sur l’information, l’explication, l’accompagnement. Le bio attire de nouveaux acheteurs, qui se posent beaucoup de questions et ont besoin d’être formés, orientés. C’est pourquoi nous avons mis en place un partenariat avec l’IFV (Institut Français de la Vigne et du Vin) qui se concrétise par des conférences techniques à destination des visiteurs.

Combien d’exposants attendez-vous cette année ?
Nous accueillons 794 exposants au total, dont 80% d’exposants français. Le Languedoc-Roussillon, plus importante région bio de France en superficie comme en nombre de producteurs, est bien sûr très largement représenté, mais aussi tous les autres vignobles nationaux. Nous accueillons aussi près de 170 exposants étrangers, l’impératif étant que la certification bio de ces exposants soit conforme à la certification bio européenne. Ce qui nous distingue, c’est l’homogénéité des stands : chacun est sur un pied d’égalité, les plus grands metteurs en marché comme les “petits” vignerons. Au total, ce que nous tenons à souligner, c’est que la totalité des exposants français présents sur le salon représente 44% de l’offre de vin bio nationale en volume. A partir de l’année prochaine, nous envisageons d’augmenter le nombre d’exposants de façon significative, entre 900 et 1000.

Et combien de visiteurs ?
Ils étaient un peu plus de 4200 professionnels en 2014, nous en attendons 4500 cette année, dont 25% d’étrangers, de plus de 20 nationalités différentes. Millésime Bio est devenu en plus de vingt ans, un rendez-vous incontournable pour tous les spécialistes du vin biologique. On vient à ce salon pour faire des affaires, des actes forts. Les acheteurs viennent trouver une garantie de certification, une vraie traçabilité des produits. Les exposants, eux, y trouvent une grande visibilité. Chaque année, cela campe l’état du marché.

Justement, qu’en est-il de ce marché du vin bio ?
Il a encore une grande marge de progression en termes de consommation. En 2013, son chiffre d’affaire global sur la France a progressé de 22%. On constate aussi que le marché export progresse, mais moins vite que la marché français. Au niveau des producteurs en revanche, l’orientation vers le bio qui a été prise il y a une dizaine d’années, tend à se stabiliser. La filière se structure.

Quels sont aujourd’hui les enjeux du bio ?
Le bio, ce n’est pas une tendance, c’est une éthique de vie : il faut constamment sensibiliser la population aux questions de sécurité environnementale et alimentaire. Chacun doit pouvoir y avoir accès. Mais cela demande un travail pointu pour informer, convaincre les consommateurs. En tant que vigneron, je suis converti au bio depuis 1987 (Domaine de Valescure, dans le Gard, NDLR). J’ai donc vu les choses évoluer, j’ai vu la filière évoluer. C’est désormais le consommateur qu’il faut convertir. C’est aussi à ce titre que nous avons voulu inviter 50 lecteurs de “Terre de Vins”. Nous pensons que les grands amateurs, qui découvriront les coulisses de ce salon professionnel, sont d’excellents ambassadeurs pour les vins bio. J’ajouterai enfin que le bio, c’est aussi une véritable économie, créatrice d’emplois : une exploitation en bio demande en moyenne trois fois plus de personnel qu’une exploitation en conventionnel.

Pensez-vous que la réglementation européenne sur le bio soit assez aboutie ?
Le bio, ce n’est jamais statique, c’est en constante évolution. Aujourd’hui, nous disposons de moyens, d’outils, de connaissances, mais l’on doit toujours les faire évoluer. C’est déjà une bonne chose qu’il y ait une réglementation à l’échelle européenne, cela constitue un repère pour le consommateur. Mais il faut toujours travailler pour la faire évoluer, ne pas la laisser figée, rester en mouvement.

Propos recueillis par Mathieu Doumenge

A l’occasion de Millésime Bio, retrouvez notre dossier “Bio, vrai et faux” dans “Terre de Vins” n°33, actuellement en kiosques.

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