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[Primeurs] Coufran : le contre-pied du « prêt à boire »

Auteur

La
rédaction

Date

12.04.2013

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Le propriétaire du château Coufran en Haut-Médoc préfère vendre ses vins à… maturité. Presque l’antithèse des primeurs.

Eric F. Miailhe, le propriétaire des châteaux Coufran, Verdignan et Soudars en Haut-Médoc, ne tourne pas autour du pot. Avec lui, un chat est un chat. Et les primeurs, « pas notre truc », reconnaît-il d’emblée. Ce qui ne l’a toutefois pas empêché cette semaine de quitter Saint-Seurin-de-Cadourne, où sont établis ses vignobles, pour présenter son millésime 2012 dans les superbes chais du château Fourcas Hosten, à Listrac-Médoc.

« Les primeurs, c’est bien pour la marque, mais ce n’est pas notre stratégie », poursuit-il. Et pour cause, son parti pris pourrait être l’antithèse des primeurs. Eric F. Miailhe défend en effet une autre approche : celle de la vente en différé. Ou dit autrement du « prêt à boire ». Concrètement, s’il vend, comme ses voisins, ses vins dans les deux premières années du millésime, il en garde une large partie pour les faire vieillir et les mettre en marché à… maturité. Au moment de les boire donc.

« Couffran, Verdignan et Soudars, nos trois crus totalisent 160 hectares et nous sommes organisés dans cette perspective, explique-t-il. Nous vieillissons un stock important de bouteilles que nous finançons. Le but, c’est de satisfaire les clients mais aussi de ne pas se délaisser de millésimes jeunes qui iront sur n’importe quel étalage et qui seront ensuite ouvert après un ou deux ans de bouteilles alors que les vins ne sont absolument pas mûrs. »

Si son approche est frappée au coin du bon sens, il prend soin d’appuyer sa démonstration d’un exemple on ne peut plus clair : « Quand vous voulez faire une bonne salade de fruit, vous ne choisissez quand même pas les fruits verts. C’est pareil pour le vin. »

Une approche plutôt atypique qui reste dans la droite ligne de la famille : « Je n’ai rien inventé, quand je suis entré dans le boulot, il y a 40 ans, mon père vendait douze millésimes en parallèle. » Le message est passé.

Jefferson Desport