La famille Chamoin, propriétaire de la Bastide de Blacailloux au cœur du Var, vient de racheter deux domaines voisins, le Château La Martine et le domaine Les Vallons de Fontfresque.

« J’aime ce pays, ce terroir, cette terre qui est celle de mes ancêtres et à laquelle j’ai voulu redonner la vocation viticole qu’elle avait perdu, raconte d’emblée Bruno Chamoin dont les grands-parents habitaient déjà à Blacailloux. Aujourd’hui, je veux juste en faire le meilleur vin du Var avec le plus beau domaine de réception de la région pour promouvoir mes vins ». L’entrepreneur d’origine varoise et qui comprend parfaitement le provençal a fait carrière à Paris (il est le pdg de la compagnie d’assurances Albingia). Il a pour le moins de l’ambition pour son domaine viticole de Tourves qui vient de s’agrandir avec deux acquisitions : Le Château La Martine à Nans-les-Pins (83) avec 45 ha vendus par la famille Jaubert, amie depuis plusieurs générations des Chamoin, et les Vallons de Fontfresque à Tourves, voisins de Blacailloux avec une dizaine d’hectares, achetés à Claire Sicamois qui a créé le domaine et qui reste sur la propriété en gardant une petite participation. Les raisins de la Martine, en conversion bio, intégreront les cuvées de Blacailloux tandis que Fontfresque, joli terroir de rouges, certifié bio depuis 2013, reste pour l’instant autonome avec une réflexion en cours pour retravailler la gamme. Bruno Chamoin, épaulé pour les acquisitions par sa fille Valentine de Lasteyrie avait déjà racheté il y a deux ans le château de la Julienne, de l’autre côté de la route de Mazaugues et engagé un ambitieux programme de travaux pour transformer les bâtiments en lieux de réception. Les raisins de la Julienne approvisionnent également la Bastide de Blacailloux.

Jouer sur la complémentarité des domaines

L’ensemble des domaines s’étend désormais sur plus de 140 ha (en majorité en AOP Coteaux-Varois-en-Provence, avec une offre en IGP Var -jusqu’à 30% à Fontfresque). Au global, le domaine produit 65 % de rosés, 15 % de rouges et 20 % de blancs. « Il s’agit de jouer sur la complémentarité des domaines autant au niveau des profils de vins – La Martine, à quelques kilomètres de la Bastide de Blacailloux, est légèrement décalé en maturité, ce qui nous permet de ne pas faire chevaucher les vendanges- que de la gamme de prix, précise le sexagénaire charismatique. L’idée est surtout de développer la marque grâce aussi à un grand projet oenotouristique, à la fois sur La Julienne et sur Fontfresque. L’équipe, dirigée depuis quelques semaines par Antoine Pirie (ex- Boisset, Corton André et Foncalieu), a commencé une restructuration des vignobles en douceur, notamment en replantant des grenaches, pour compléter les surfaces importantes de syrah, et des cépages blancs (rolle, clairette, grenache blanc), la couleur ayant enregistré 50% de croissance cette année. Et Antoine Pirie de conclure : « L’objectif est d’abord d’être plus présent dans les établissements de Provence et à terme de développer l’export encore embryonnaire ».