Ci-dessus : Pierre-Olivier Turbil et Jean-Jacques Bréban (photos FH)
Ci-dessus : Pierre-Olivier Turbil et Jean-Jacques Bréban (photos FH)

La maison de négoce provençale des Vins Bréban vient de faire l’acquisition de son premier domaine viticole, le Château L’Arnaude à Lorgues dans le Var.

Les Vins Bréban ont sauté le pas. La famille de négociants historique basée depuis 70 ans a Brignoles, au cœur de la Provence varoise, vient de faire l’acquisition du château L’Arnaude, domaine viticole à côté de Lorgues (83). « A l’heure où la plupart des propriétés misent sur l’extension d’activité en négoce, nous faisons l’inverse », ironise le P-dg Jean-Jacques Bréban, par ailleurs président de l’interprofession des Vins de Provence. Après avoir créé le marché des vins mousseux en Provence dès les années 50 puis plusieurs marques de rosés (Raymond Bréban, Comtes de Provence, Mimi en Provence…), la société familiale (créé par les parents de Jean-Jacques, aux commandes depuis plus de 40 ans et désormais accompagné par sa fille Julie à la comptabilité et son fils Laurent à la direction commerciale) cherchait depuis quelques années à faire l’acquisition d’un domaine dans les environs, « pas trop loin de Brignoles et avec un vignoble en bon état, précise Jean-Jacques Bréban.

Le propriétaire de L’Arnaude, Pierre-Olivier Turbil, avait reçu plusieurs propositions de domaines voisins pour ses 20 hectares de vignes mais voulait vendre en une entité ; il a finalement accepté l’offre de Jean-Jacques Bréban, qui précise : “nous sommes rapidement tombés d’accord sur l’achat de la propriété de 30 hectares et son joli vignoble vallonné, quasiment d’un seul tenant avec vue panoramique sur les collines environnantes, à côté du typique village provençal de Lorgues. Un très bel endroit ! De plus, elle bénéficie d’une équipe compétente, d’un chef de culture très attaché à la propriété, d’une cave opérationnelle, d’un joli caveau, d’un parcours d’accrobranches très connu dans la région, d’une maison d’hôtes avec des chambres joliment restaurées et d’un gîte qui pourront servir aussi à l’accueil de nos clients”. Jean-Jacques Bréban n’envisage pas de changement d’équipe mais devrait faire profiter au domaine des synergies avec les Vins Bréban, notamment pour l’achat des matières sèches et la distribution.

L’Arnaude n’est pas une danseuse

L’Arnaude entre Lorgues et Vidauban produit environ 150 000 bouteilles par an dans les trois couleurs, principalement en Cotes-de-Provence. surtout vendues en restauration. « Nous voulons développer tous les circuits et mieux valoriser les bouteilles, pas en dessous de 6,60-7€ prix départ cave hors taxe. Mon fils Laurent suivra la propriété, nous avons d’ailleurs commencé à travailler sur les assemblages des 2018. Ce n’est pas une danseuse, on va vraiment s’occuper du domaine ».

Cet ancien ermitage du 18ème sur la route de Saint-Jacques Compostelle où les moines faisaient déjà du vin il y a quelques siècles, a beaucoup changé de mains. Après avoir appartenu à des américains, il avait été racheté par un architecte allemand Heinz Knapp en 1985 qui a d’abord vendu ses raisins à la cave de Taradeau avant de construire une cave et élaborer ses propres vins. Les Knapp ont passé la main au suédois Mats Wallin en 2005 qui a crée notamment la célèbre cuvée Nuit Blanche habillée de ses jolies baigneuses début 20e. L’homme d’affaires Pierre Olivier Turbil qui s’est réorienté depuis le printemps 2017 vers la vente de propriétés viticoles chez Vinea Transaction, avait acheté L’Arnaude en 2010 après avoir vendu son activité industrielle de savon de Marseille. Il avait complètement restauré la cave, arraché et replanté le vignoble et crée une activité d’œnotourisme avec gîte, chambres d’hôtes et parcours d’accrobranches dans la forêt. Avec l’arrivée dans le giron des Vins Bréban, L’Arnaude est redevenue provençale.