Cette année, les rosés étaient en fête en ce début d’été , à Provence ou à Paris pour fédérer davantage de consommateurs et recruter les fameux millenials avant les consommations estivales sur les terrasses ou dans les domaines.

Les Côtes-de-Provence se sont mobilisées dans la capitale cette année pour illustrer leur nouvelle stratégie de prémiumisation. Pour cela, ils avaient invité blogueurs, influenceurs et journalistes pour une “Summer Party” sur un rooftop de péniche face à la Tour Eiffel afin de leur présenter un mook, un magazine-livre mêlant articles, photos, illustrations, citations, impressions… visant à relier Paris au vignoble. Il avait d’ailleurs été baptisé 703,81… la distance qui sépare Paris à Saint-Tropez à vol d’oiseau. La publication, à feuilleter sous un parasol, cible les jeunes branchés parisiens d’où une distribution en partenariat avec les Inrocks et M le Monde. « Nous misons sur une montée en gamme du rosé sous toutes ses formes y compris marketing et communication, commente Brice Eymard, directeur de l’interprofession des vins de Provence. Nos cibles aspirationnelles qui portent l’image de la Provence sont ces fameux millennials à l’approche du rosé décontractée et branchés art de vivre. Cet événement, accompagné par une vingtaine d’opérateurs et leurs bouteilles, était l’occasion de leur parler d’un moment de consommation, de lieux tendance, du style du produit mais on était moins dans le descriptif et la technique de la dégustation ».

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L’appellation cherchait à revenir sur Paris avec un événement moins classique que la traditionnelle présentation du millésime à la presse et aux professionnels qui a lieu au début du printemps. L’événement collait aussi à la nouvelle campagne de communication initiée il y a deux ans « Le Goût du Style » portée par une illustration vintage « et nous avons profité pour lancer un nouvel objet de communication collector, toujours pour jouer sur l’image », précise Brice Eymard. Une brique à vin façon santon en terre cuite a été réinventée pour l’occasion par le studio de designers Briand & Berthereau, « L’édition annuelle désormais de Wine Paris va permettre de concentrer les besoins commerciaux sur ce rendez-vous et de se concentrer sur un événement image qui pourrait être renouvelé avec l’édition de nouveaux objets » conclut Brice Eymard.

Jolis Soirs aixois et Rosé night tropézienne

Les Coteaux d’Aix-en-Provence avaient suspendu la présentation annuelle du millésime aux professionnels depuis 2017, estimant qu’il fallait se renouveler pour rencontrer d’autres consommateurs que les cavistes et sommeliers locaux. Sont donc nés cette année les Jolis Soirs à Aix, deux soirées grand public fin juin dans le jardin d’un hôtel particulier aixois, non loin du fameux Cours Mirabeau au centre-ville. Là encore, il s’agissait de faire rayonner l’appellation avec une fête principalement communiquée sur les réseaux sociaux pour réinventer un moment de dégustation conviviale dans un cadre chic et décontracté. Une douzaine de producteurs y faisaient déguster un vin de leur production, majoritairement rosé mais pas que, et discutaient avec des jeunes consommateurs venus profiter du lieu sous les marronniers séculaires et malgré la canicule. Environ 300 visiteurs étaient venus flâner et goûter avec des planches de tapas dans le jardin de l’hôtel Gallifet, certains assistant à des ateliers d’initiation aux rosés et à l’appellation. « Il faut changer l’image des Coteaux d’Aix, déjà pour que les Aixois se l’approprient même si on trouve de plus en plus de vins de l’appellation à la carte dans les restaurants de la ville » reconnait le président de l’AOC Didier Pauriol. L’événement bénéficiait d’un mini site web dédié et d’affichages dans Aix sur abribus. Reste à transformer l’essai l’été prochain.

En parallèle, l’International Rosé Day avait à nouveau fait rosir la citadelle de Saint-Tropez pour la deuxième édition du Rosé Day enrichie cette année d’une dimension caritative supplémentaire avec une vente aux enchères de grands formats de rosés au profit de la restauration de la basilique de Saint Maximin la Sainte-Baume (83). Un tournoi de pétanques avec cochonnets roses bien sûr animait la place des Lices et une quarantaine d’exposants de tous les coins de Provence mais également de Corse et d’Italie faisaient découvrir leur rosés aux visiteurs. Exposition d’art contemporain, démonstrations culinaires, concerts, DJ, foodtrucks ou repas gastronomique… complétaient le dispositif festif. Mais si le fête Tropézienne était au centre de la manifestation initiée l’an dernier par Valérie Rousselle, et le Centre du Rosé présidée par Fabienne Joly, l’idée est avant tout de « donner envie à de nombreux domaines ou mairies d’organiser des événements le jour du Rosé Day le 4ème vendredi de juin, ici et même à l’international », l’an dernier, l’ambassade de France à Oslo avait été illuminée en rose, cette année le château des Broyers à La Chapelle de Guinchay (71) par exemple » précise la propriétaire du Château Roubine (83) qui a encore moult idées pour rosir caveaux et terrasses ce jour-là afin que le Rosé Day monte en puissance.

Photos F. Hermine