Blancs du Languedoc : l’éloge de la diversité

Généreux et solaires, ces blancs du Sud tentent de dompter leur alcool et leur puissance. Certains y parviennent avec grâce et finesse, d’autres un peu moins. Voici quelques pistes pour s’y retrouver dans ce dédale de cuvées pour le moins inégales.

CE PALMARÈS A ÉTÉ PUBLIE DANS « TERRE DE VINS » N°29 (MAI-JUIN 2014)

La large bande de terroirs qui s’étalent de Nîmes aux portes de l’Espagne constitue un vaste territoire que l’on ne peut résumer en un style ou un dénominateur commun. Hétérogène, le Languedoc l’est autant par ses cépages que ses sols et ses climats, à quoi l’on peut ajouter ses vignerons. Si on le rattache au Roussillon, ce sont 246 000 hectares de vignes qui forment l’entité viticole la plus vaste au monde, sans doute l’une des plus variées aussi, représentant un tiers de la production de vin française. Des contreforts des Cévennes aux Pyrénées, du massif des Corbières à la Montagne Noire, des rives de la Méditerranée à l’arrière-pays cathare, les grenaches blanc et gris, la roussanne, la marsanne, le maccabeu, le mauzac, le muscat à petits grains, le piquepoul, le vermentino, la clairette, le bourboulenc, le viognier, le chenin ou le chardonnay s’assemblent pour la production de blancs, sur des terroirs de schistes, de calcaires, de marnes ou de grès. Pour corser un peu la dégustation, nous avons glissé parmi ces languedocs une poignée de blancs du Roussillon, qui bien souvent tirent leur épingle du jeu par leur fraîcheur et leur climat plus frais.

D’une façon générale, ces blancs – s’ils pêchent parfois par leur excès de puissance et d’alcool, de boisés trop démonstratifs aussi – n’ont jamais été aussi bons. Les progrès en la matière sont indéniables et ils profitent du même engouement qualitatif que pour les rouges dont la cote a largement monté ces quinze dernières années. Ce qui est nouveau, c’est la précision des vinifications apportée sur les meilleures cuvées, qui vouent celles-là à une plus longue garde.
Les résultats de notre dégustation, qui a porté sur 48 échantillons (dont 6 roussillons) furent assez tranchés : beaucoup de vins trop démonstratifs ont vite lassé le dégustateur averti, d’autres jouant la carte de la finesse furent mieux notés. La variété des cépages aussi n’a pas rendu la comparaison facile mais dans l’ensemble, les plus réussis s’en sortent bien avec une petite garde de deux ou trois ans, dix ans pour les plus ambitieux. Ce sont des compagnons tout trouvés des poissons, rougets, fromages et volailles, été comme hiver, restant encore raisonnables en terme de prix sans dépasser 25 euros. Une autre voie à explorer sans hésiter.

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