TOUTES NOS ADRESSES DANS LE VIGNOBLE

Découvrez les adresses saluées par le jury des Trophées de l'Œnotourisme et validées par la rédaction de Terre de Vins

DOMAINE DE FONTENILLE

Le domaine de Fontenille est à la fois un domaine viticole et un hôtel. Ce dernier se situe dans une ancienne bastide construite en 1850 et entièrement rénové en 2013. Aujourd’hui le vignoble est certifié bio, l’hôtel est 4* et il possède deux restaurants : Le Champs des Lunes (1* au guide Michelin) et la Cuisine d’Amélie. Fontenille : un voyage dans le temps. Voyage imaginaire, rêvé, où les époques se mêlent le temps d’une halte. Maison noble sortie d’un XVIIIème siècle ré-inventé, protégée par des cèdres centenaires, entourée de sources, de bois. Les souvenirs d’enfance, la douceur de la Provence, affleurent derrière les miroirs… Portraits de famille, bustes antiques et cabriolets côtoient des oeuvres d’art contemporain. Invitation à un voyage hors du temps, peut-être même d’un autre temps, qui se dessine à travers les siècles de Fontenille. Chacune des 19 chambres et suites du Domaine de Fontenille est unique : des chambres lumineuses tournées vers les jardins, mélangeant les codes du style, un classicisme teinté de lumière du Sud, des lignes contemporaines fluides et poétiques. La plupart d’entre elles s’ouvrent au Sud sur les cèdres majestueux du parc et sur les collines du Luberon, certaines bénéficient d’une terrasse privative et confidentielle. Jérôme Faure vous propose chaque matin un petit-déjeuner gourmand aux saveurs de la région du Luberon. Servi sur la grande terrasse surplombant le parc ou dans la salle du bistrot, savourez la cuisine généreuse et créative du Chef. Découvrez la grande sélection de produits frais et de saison : fromages de Josiane Deal (Meilleur Ouvrier de France), charcuterie du village, une multitude de tartes et gâteaux faits maison, confitures artisanales, oeufs et fruits variés, … le tout accompagné de plusieurs jus de fruits frais et de boissons chaudes. Vos papilles n’auront pas fini de s’émerveiller ! Hammam, salle de fitness et espace bien-être. L’espace bien-être du Domaine de Fontenille se vit comme une halte dans le temps. L’Art à Fontenille : L’Art Contemporain est partout présent au Domaine de Fontenille : chaque pièce, chaque chambre est ornée d’au moins une oeuvre d’un artiste représenté dans les musées nationaux ou internationaux, issue de la collection des propriétaires ou des artistes représentés par La Galerie Particulière, Paris-Bruxelles. L’ancienne cave de vinification a été transformée en salle d’exposition de 200 m2 qui accueillera chaque année quatre expositions entre mars et fin décembre : expositions collectives, thématiques ou personnelles d’artistes contemporains, en partenariat avec des galeries et institutions internationales. Le Domaine de Fontenille et le FRAC-PACA initient un nouveau partenariat triennal afin de présenter dans son centre d’art des oeuvres contemporaines et d’en permettre la diffusion auprès d’un large public. Le chef : Jérôme Faure. Après 9 ans à l’Hôtel du Golf (Corrençon en Vercors), le Chef Jérôme Faure, rejoint le Domaine de Fontenille et supervise l’ensemble de la restauration : le restaurant gastronomique étoilé (Le Champ des Lunes), le bistrot (La Cuisine d’Amélie) et les petits-déjeuners. Il obtient sa première Etoile au Guide Michelin alors qu’il a à peine 30 ans, et la conserve depuis. Il est ensuite nommé Jeune Talent 2011, puis Grand de Demain 2013 par Gault&Millau. Curieux et généreux, Jérôme Faure pratique une cuisine de terroir basée sur la qualité des produits et sur les associations de saveurs parfois déroutantes mais toujours justes : « une cuisine d’équilibriste, qui aime sortir des sentiers déjà tracés, mêler les saveurs et bousculer les papilles » (Guide Michelin). Le Chef met en avant les produits du Luberon et travaille avec les meilleurs producteurs locaux. De plus il utilise les produits issus de notre potager, fruits, légumes, fleurs. Le champs des Lunes: restaurant gastronomique, 1 étoile au Guide Michelin, du Domaine de Fontenille, propose une cuisine résolument moderne et centrée sur le produit : respect des saisons, mise en valeur du terroir du Luberon, qualité et traçabilité animent la carte changeant toutes les semaines.Petits producteurs « coup de coeur » côtoient les références rares et certains millésimes prestigieux. La cuisine d’Amélie : Le restaurant La Cuisine d’Amélie est situé sur les terrasses sud de la bastide, à l’ombre des platanes centenaires. Elle propose une cuisine simple mais inventive autour des produits phares de la région. Sa carte est en perpétuelle évolution selon la saisonnalité de la nature et des produits, et selon les envies du Chef. Elle propose des formules à prix étudiés. Composez votre menu et commandez vos assiettes salées et sucrées dans l’ordre qui vous plaira ! Partagez vos touches de goût et agrémentez les d’un verre de vin de Fontenille. La carte des vins est particulièrement concentrée sur les vins du Rhône, mais elle propose également les appellations incontournables des autres régions.
Rhône
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CHÂTEAU PRIEURÉ-LICHINE

Situé sur la prestigieuse appellation Margaux, le vignoble de ce 4e cru classé fut créé au XVe siècle par les moines bénédictins. Privatisé à la Révolution Française, le château Prieuré Cantenac passe entre les mains de nombreuses familles avant d’être racheté en 1951 par Alexis Lichine, russe d’origine, auteur de la célèbre Encyclopédie des Vins et des Alcools, grand voyageur et infatigable propagandiste des vins de France à l’étranger.Si des moines bénédictins sont à l’origine de la création du vignoble, il doit son nom à un voyageur infatigable, Alexis Lichine devenu propriétaire en 1951. Egalement auteur de la célèbre « Encyclopédie des Vins et des Alcools », il n’eut de cesse que de répandre la bonne parole des bons vins de France jusqu’à l’autre bout du monde… Depuis 1999, c’est la famille Ballande qui est propriétaire du domaine et qui veille à donner à l’histoire peu commune de ce noble et grand vignoble un élan de modernité. Ainsi, après une rencontre avec l’extraordinaire destinée de notre 4ème grand cru classé, on découvre l’art de faire un grand vin.Un terroir unique et fascinant, des techniques actuelles de vinifications (un cuvier résolument moderne) jusqu’au vin de Prieuré Lichine : sublime, unique et dont on devine à la dégustation l’incroyable diversité ! La visite vous emmènera des origines de ce terroir et du Prieuré à la découverte des techniques de vinifications actuelles, sans oublier le nouveau cuvier à l’architecture et aux installations particulièrement innovantes.
Bordeaux
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CHÂTEAU VIEUX MOUGNAC

Depuis 5 générations la famille Milhard-Bessard travaille avec des méthodes ancestrales, labour au cheval et utilisation de plantes (osier, prêle, ortie…). Les vignes sont cultivées depuis 1870 sans pesticides, sans désherbants et sans produits chimiques. De cette passion et de ce savoir-faire naît un grand vin de garde certifié « BIO » depuis 2012. La particularité du Château Vieux Mougnac est de commercialiser des vieux millésimes. C’est un vin de gastronomie rare et authentique, servi sur les plus belles tables de France et du monde entier.Situé dans le Grand Saint-Emilionnais, à Petit-Palais et sur la Route des Vins (Saint-Emilion, Pomerol), le Château Vieux Mougnac est adhérant à l’Office du Tourisme de Saint-Emilion. Cela nous permet de bénéficier de l’affluence touristique de Saint-Emilion. En tant que viticulteurs, la famille Milhard-Bessard a à cœur de transmettre ses valeurs de l’agriculture biologique et son savoir-faire. C’est pourquoi, elle accueille toujours le public avec convivialité et écoute. Laetitia, associée de l’EARL a créé une société d’oenotourisme, L.O.Wine. Elle propose des ateliers de dégustation et de découverte du vin sur mesure en valorisant des produits haut de gamme et exceptionnels : https://lowine.fr/ Cet atelier CréaWine se déroule au Château uniquement sur réservation. Il est proposé aux groupes de voyage, groupes d’amis, et clients qui veulent en savoir un peu plus sur la production de vins BIO et partager un moment avec le viticulteur. Le déroulement d’un atelier CréaWine est le suivant : – Visite de la propriété avec un focus sur les méthodes BIO pour bien comprendre la différence avec les non BIO – Processus de vinification (avec les levures indigènes et élevage du vin pendant 2 ans avec la lune) et explications des spécificités du Château Vieux Mougnac (la production et la commercialisation des vins après 3 ans de stockage). – Dégustation de différents millésimes qui se transforme en atelier ludique “Fabriquez votre propre vin et repartez avec votre bouteille personnalisée” Les clients sont ravis de pouvoir repartir avec une bouteille de vin de 10cl faites par leur soins, cela leur fait un souvenir inoubliable et unique de leur passage au Château Vieux Mougnac mais aussi dans la Région de Bordeaux.
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Trophées de l'Oenotourisme
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Oenotourisme

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Millésime Bio 2021 : le salon numérique est ouvert !

Millésime Bio ouvre ce matin sa 28ème édition, 100 % digitale, du 25 au 27 janvier, 24h/24. Avec plus de 1 000 exposants de 16 pays, et près de 3 000 visiteurs pré-inscrits, dont la moitié internationaux, ce premier salon numérique est une performance.Dans la situation de pandémie mondiale de Covid-19, Millésime Bio s’est adapté avec cette version 100 % digitale. SudvinBio, l’association interprofessionnelle des vignerons bio d’Occitanie, organisatrice du salon, a décidé en octobre 2020 d’opter pour un salon numérique et l’a mise en place en trois mois de travail continu : un exploit dans un univers de l’évènementiel à l’arrêt depuis des mois. Pour Nicolas Richarme, président de Sudvinbio : « C’est une première mondiale. Nous avons choisi de ne pas reporter, de garder la date pour donner aux vignerons la possibilité de faire du négoce. Avec la crise sanitaire, nous ne voulions pas faire une année blanche, aussi nous avons proposé cette plateforme et la grande majorité des exposants a suivi. » Vignerons et visiteurs au rendez-vous Jeanne Fabre, présidente du salon, annonce des chiffres positifs : « Nous sommes très fiers de présenter plus de 40 % de l’offre de vin bio, soit le même chiffre que les salons habituels. Nous avons plus de 1 000 exposants en ligne depuis ce matin, 9 H, dont 150 nouveaux. 15 pays étrangers sont représentés, qui comptent pour 20 % des exposants. Un tiers des exposants sont d’Occitanie (première région de vins biologique de France). Pour les visiteurs, environ 3 000 se sont préinscrits et la moitié sont internationaux. C’est une belle victoire d’avoir à la fois des fidèles et des nouveaux profils. » En pratique, la visite numérique La plateforme www.millesime-bio.com est accessible aux professionnels, sur inscription, du 25 au 27 janvier à 1 7h, le salon est ouvert 24h/24. Il permet de visiter les stands, visionner les vidéos de présentation des domaines/entreprises, les photos des bouteilles et consulter leurs fiches techniques, entrer en contact avec le domaine en chat ou en visio, prendre des rendez-vous à l’avance, assister aux conférences. Le salon peut se parcourir de façon aléatoire et propose aussi un moteur de recherche dynamique pour trouver des exposants ou des produits selon de nombreux critères. Le profil personnel garde trace des rendez-vous, contacts et favoris. Pour la finalisation du rendez-vous par une dégustation, chaque exposant décide et envoie lui-même les échantillons. Jeanne Fabre fait part de la satisfaction des exposants sur les demandes de rendez-vous avant le salon, qui ouvrent sur des contacts nouveaux. Elle précise aussi que les conférences seront accessibles aux non-inscrits. Elles abordent les questions stratégiques du moment  avec experts et témoignages : mardi matin « Qu’est-ce qu’un vin bio ? », mardi après-midi « Les vente de vin bio et le digital », mercredi matin « Les vins et boissons alcoolisées bio », car le salon présente aussi cidres, bières, spiritueux… La région Occitanie, vitrine du bio La Région Occitanie, partenaire historique du salon, accompagne Millésime Bio dans cette édition digitale. Elle affirme ainsi son soutien à la filière viticole régionale, comme l’explique Jean-Louis Cazaubon, son vice-président en charge de l’agroalimentaire et de la viticulture : « L’an passé, Millésime Bio avait déjà préfiguré un salon 2.0, cette année, la France viticole entière va le regarder de près… L’Occitanie soutient ses exploitations affectées par la crise sanitaire et la taxe Trump avec un grand plan de relance (de 7 M € qui permet de mobiliser le double). L’Occitanie est la première région bio de France, avec une forte vitalité. » Nicolas Richarme, président de Sudvinbio, pointe la croissance à deux chiffres du secteur : « Le chiffre d’affaires du vin bio a augmenté de 170 % entre 2012 et 2020. Il y a une croissance des conversions de 22 % en 2020. La production est de 1,15 M hectolitres en 2020, elle devrait monter à 1,9 M en 2022, soit presque le double. » L’avenir mi-physique, mi-numérique ? Jeanne Fabre, présidente de Millésime Bio ouvre le salon sur une note optimiste. « N’ayant plus la contrainte physique des murs, nous pouvons accueillir plus d’exposants. C’est aussi plus léger en bilan carbone et des gens qui n’auraient pas pu se déplacer peuvent participer. C’était ambitieux et difficile à organiser dans le contexte 2021, et nous souhaitons, en 2022, célébrer les retrouvailles avec les vignerons et les clients… L’avenir sera peut-être un salon physique et digital ? » www.millesime-bio.com
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Champagne : entretien avec Laurent Panigai, directeur du Syndicat Général des vignerons

Laurent Panigai, ancien directeur général adjoint de Nicolas Feuillatte et nouveau directeur général du Syndicat général des vignerons, nous livre sa vision des grandes tâches qui l’attendent pour rassembler les vignerons et transformer la période de crise en opportunité.Les Champenois vous connaissent mais pouvez-vous rappeler votre parcours à nos lecteurs ? Comme beaucoup, je suis passé par l’Agro-Montpelier où je me rappelle avec émotion mon premier cours de viticulture que notre professeur Denis Boubals débutait en insistant sur le caractère mondial de la viticulture. On était d’emblée plongé dans cette réalité d’une viticulture de plusieurs millions d’hectares dont l’histoire nous emmenait bien au-delà de nos frontières avec un berceau près de la Géorgie… Cette perspective mondiale m’a marqué, d’autant qu’à l’époque on voyait émerger des nouveaux territoires aux États-Unis, en Australie, on ne parlait pas encore de Flying Winemakers, mais on en avait déjà l’ébauche. J’ai commencé ma carrière au pôle technique du Comité Champagne où je suis resté 27 ans, par choix, engagement et conviction. J’ai travaillé sur la mise en place des stations météorologiques, la viticulture raisonnée qui a donné naissance à la viticulture durable, sur le réseau Matu pour les vendanges, un dossier affectif pour moi parce qu’il m’a permis de collaborer avec les correspondants de l’Association viticole champenoise, des bénévoles passionnés par leur métier… En 2014, j’ai rejoint le CVC Nicolas Feuillatte, en tant que directeur général adjoint, où j’avais la charge d’encadrer trois grandes directions, dont celle en charge de la relation avec les adhérents, environ 80 coopératives, et derrière elles un tiers des viticulteurs de la Champagne ! Quelles sont vos priorités en arrivant aujourd’hui à la direction du SGV ? J’arrive dans un contexte économique difficile. Mais je regarde cette crise en essayant de l’envisager sur le temps long. La Champagne s’est construite à travers une série d’épreuves. Prenons le vin de Champagne, c’était un vin tranquille, plutôt acide, un peu maigrelet, qui a trouvé dans la technique de la deuxième fermentation en bouteille un territoire d’expression, une deuxième vie, la possibilité pour le raisin de continuer de mûrir… À la fin du XIXe siècle et jusqu’en 1945, la Champagne a connu des difficultés, dont le phylloxéra qui a fait disparaître des vignobles septentrionaux, elle en est sortie plus forte en donnant naissance à des organisations collectives comme l’AVC, l’appellation ou le Comité Champagne… Aujourd’hui, dans cette nouvelle période de crise, je me dis que la Champagne a l’opportunité de continuer cette grande histoire en se concentrant sur un ensemble d’éléments qui construisent la feuille de route du vignoble champenois dans son ensemble et du Syndicat général des vignerons en particulier. Il y a ainsi sur la table le dossier du changement climatique, celui de l’adéquation de nos pratiques à une attente environnementale qu’on doit satisfaire de manière impérative, la révision de l’aire d’appellation… On a construit quelque chose de formidable sur le plan de la production avec le cahier des charges de l’appellation, grâce auquel nous sommes une communauté de savoir-faire. Aujourd’hui, il faut continuer en développant une communauté de faire-savoir. Historiquement, les marques ont été les locomotives de la révélation des terroirs et des produits. Elles ont emporté la Champagne vers l’hédonisme et le rêve. Cela s’est fait par l’addition d’initiatives, de visions et d’énergies individuelles. Je pense que ce travail doit être poursuivi mais que l’on doit aussi se poser la question de la mise en commun de notre culture, de l’accompagnement de l’immatériel, comme on l’a fait sur la partie des savoir-faire productifs. Le classement au patrimoine mondial de l’UNESCO a été un premier pas. Grâce à lui, on a aujourd’hui les fonts baptismaux d’un environnement qui nous permet de comprendre que nous avons entre nos mains un territoire particulier, avec une histoire particulière, un bien avec des valeurs à la fois uniques et universelles. Il y a justement au vignoble des artisans qui peuvent venir élargir cette construction et cette offre champenoises en leur donnant une coloration, une personnalisation plus marquée, grâce à des vignerons désormais mieux formés. Il ne s’agit pas de s’inscrire dans le déni de ce qu’a été l’histoire du champagne, qui s’est appuyée sur l’assemblage des terroirs. Il faut la continuer, mais de profiter aussi des possibilités que nous apportent le changement climatique : les contraintes météorologiques permettent d’avoir davantage de complétude sur des territoires plus petits. On a un vignoble qui a perdu des parts de marché. Il doit se mettre en ordre de marche pour les reconquérir mais dans l’optique que j’ai évoquée. Cela ne consiste pas à les prendre au négoce, mais à proposer une offre complémentaire, qui fasse sens par rapport à ce qu’est aujourd’hui l’évolution des usages de la société. Il y a une demande pour de la relation directe. Il faut être capable en face de mettre une incarnation, je pense que c’est un élément fort sur lequel le vignoble peut s’appuyer et avec lequel on peut aller conquérir de nouveaux types de consommateurs à l’échelle mondiale. Que faire face à un SGV tiraillé entre des intérêts divergents, je pense aux différences entre les vignerons indépendants et les vignerons livreurs ? Les projets entrepreneuriaux dans le vignoble sont plus diversifiés qu’autrefois. Pour moi ce n’est pas un problème, c’est un atout. La question c’est comment à partir de cette diversité donner un sens commun au vivre ensemble. L’un des axes, c’est de prendre des sujets qui vont au-delà de la logique et des capacités individuelles. Quand je travaillais au CIVC, un exemple qui m’a frappé était celui de la date des vendanges. C’est une décision à un moment donné intime, individuelle, mais elle a encore plus de puissance quand elle est gérée dans le collectif. On doit parvenir à faire cohabiter une diversité de décisions, de projets individuels, en prenant le bon cadre pour arriver à un gagnant-gagnant entre l’individuel et le collectif. Prenons le changement climatique, je n’imagine pas que toutes les initiatives individuelles adaptatives qui font déjà sens, ne prennent pas encore plus de sens si elles sont gérées dans un cadre collectif. Aujourd’hui le Syndicat général des vignerons peut faire encore plus sens parce qu’il y a de nouveaux territoires, de nouveaux enjeux qui s’offrent à nous. Je vais prendre l’image d’un orchestre, on doit orchestrer la symphonie champenoise tout en permettant de temps en temps à des solistes de donner le ‘la’. Il faut aussi impliquer davantage les jeunes générations. On est une Champagne qui s’est construite sur un modèle de croissance avec lequel on est passé depuis 1945 de 10.000 à 34.000 hectares, 2500 kilos/hectare à plus de 10.000. Il est derrière nous. On ne connaîtra pas dans les prochaines décennies un modèle en linéarité avec ce qu’il a été. Donc si on veut bâtir ce nouveau modèle, il faut aujourd’hui le confier aux générations qui en auront la gestion, en leur expliquant qu’il y a une modernité et des réalités qui vont s’imposer à eux, et en leur demandant ce qu’ils veulent : entrer dans un monde libéral où le marché dictera les usages via son offre ? Comment pensez-vous faire cohabiter la promesse d’un territoire et d’un métier artisanal avec cette modernité et ces innovations qui arrivent ? On a par exemple de l’intelligence artificielle, de la robotique, comment concilier cela avec un produit qui dans l’imaginaire collectif est un produit historique doté d’une essence, d’une âme ?
Personnalités
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Château Pouget : éloge de la discrétion

Château Pouget, quatrième cru classé en appellation Margaux, fait peu parler de lui et c’est en toute discrétion qu’il fait son chemin. Et voici que Duclot, négociant réputé de la place de Bordeaux, a contractualisé en 2016 avec la propriété et commercialise son premier millésime, le 2018. Une nouvelle stratégie de la part du château ?A Pouget, tout est d’abord une affaire de famille. Lucien Guillemet est officiellement à la tête de la propriété mais c’est Olivier Salques, son neveu, qui co-dirige le château Pouget avec lui, mais aussi son voisin Boyd-Cantenac (troisième cru classé en appellation Margaux), et nous reçoit aujourd’hui. Les étiquettes n’ont pas beaucoup d’importance dans la famille, ce qui compte c’est le travail que l’on fait. Une communication quasi absente Olivier Salques explique : “On n’est pas dans le démonstratif. Ni dans une mise en avant ou de mise en scène des lieux et de la famille. Nous ne sommes dans une dynamique de communication. Ce qui fait que l’on nous trouve discret. Rien à l’aune des standards actuels”. Mais alors cette absence de communication pénalise-t-elle la notoriété et les ventes de la propriété ? Olivier Salques répond calmement : “on arrive à exister sans cela car la place de Bordeaux fonctionne. Notre stratégie commerciale est d’être fidèle à cette place de Bordeaux. Notre dynamisme s’appuie sur nos négociants et on vient juste incarner l’authenticité en accompagnement de nos négociants lorsqu’ils le souhaitent. On travaille en partenariat avec eux. En fait, on apporte qui est derrière la bouteille”. Une stratégie commerciale épurée, loin d’une volonté d’influencer l’amateur. Mais quelles sont les raisons d’avoir contractualisé avec un deuxième négociant ? “Nous avons ouvert des exclusivités avec deux négociants, Mestrezat depuis 2008 et Duclot à partir de 2016”. Duclot et Mestrezat se partagent donc la commercialisation de Pouget. “Deux maisons qui sont complémentaires”, précise Olivier Salques. “C’est sans doute le bon format pour Château Pouget. Duclot est très présent sur le réseau des cavistes et sur internet. Mestrezat a développé des marchés mâtures depuis 2008”, notamment à l’export (71% du chiffre d’affaire). Ce qui intéresse Olivier Salques, c’est d’éviter la grande distribution. “Pouget ne souhaite pas une distribution en GD. On privilégie les cavistes et les restaurateurs”. Et de préciser : “aucun de nos deux négociants n’a de stratégie en GD”. Sur les raisons de ce souhait, il s’explique : “Nous avons de trop faibles volumes pour la GD, nous n’avons que 10 hectares de vigne, et nos marchés les plus dynamiques sont à l’étranger et notamment en Asie (Chine et Asie du sud-est). Ce sont ces marchés auxquels on souhaite répondre”. En outre, “les opérations ponctuelles dans des chaînes de GD ne nous semblent pas opportunes”. Sans trop développer cette mise à l’écart de la GD, Olivier Salques conclut avec habileté mais aussi lucidité sur cette question de la communication : Pouget est dans une “discrétion relative”. Et si Pouget ne voit pas l’utilité de développer sa communication c’est que, peut-être, la qualité de ses vins est son premier ambassadeur. L’identité des vins de Château Pouget Olivier Salques décrit “un terroir classique de croupes de graves, proche du château Kirwan avec des parcelles imbriquées. Tout cela sur une des croupes principales de l’appellation Margaux”. Et lorsqu’on se promène aux abords du château, on ne manquera pas d’être étonné par des vignes marcottées. Une aste a été plantée dans le sol et devient un pied de vigne, un pied franc comme on dit dans le jargon, mais un pied toujours relié à son pied mère par son cordon ombilical (l’aste), ce qui le protège du phylloxera, entre autres. Si on coupe le cordon, alors le pied devient vulnérable. Étonnant. “On utilise les méthodes de conduites classiques : 10 000 pieds /ha. Une taille médocaine assez rigoureuse”. Rien de saillant ou d’original. Par contre, on sera surpris du “rendement de 35 hl/ha actuellement. C’est un rendement relativement faible”. On ajoutera que le vignoble est assez âgé ; quelques parcelles datent de la replantation suivant le gel destructeur de 1956. Ces 4 facteurs, pauvreté du sol de graves, densité de plantation, taille rigoureuse, vigne ancienne, sont les ingrédients “d’un potentiel qualitatif élevé du raisin”. Dans le verre “Tout cela permet d’avoir des raisins concentrés et donc des vins très solides, structurés. On peut faire des macérations longues tout en extrayant une matière fine : une macération douce sans trop de remuage”. Et c’est sans doute ce tandem solidité et matière fine qui caractérise les vins de Pouget. “On est dans le classicisme margalais. Un vin typique”, conclut Olivier Salques. Mais, pour caractériser mieux le vin de Pouget, le directeur général ajoute : “nous sommes sur une trajectoire de diminution du pourcentage de barriques neuves car il faut du temps pour intégrer la dimension aromatique de la barrique”. C’est sans doute plus compatible avec le goût actuel du consommateur. Olivier Salques précise que “les premières notes d’évolution apparaissent vers dix ans d’âge. Il vaut mieux attendre ce premier palier avant de déguster notre vin. Un vin qui a moins de barrique neuve pourra être bu un peu plus jeune”. Comme pour illustrer le travail précis du château, Olivier Salques se plaît à dire : “on connait les origines de nos bois, on travaille avec un seul tonnelier qui goûte chaque année nos barriques par cépage. On étudie quelle combinaison bois/chauffe. Il y a un effet millésime, c’est certain mais il y a aussi une variation palpable sur le bois, même sur une même forêt. Cela rend l’exercice difficile”. Si certains amateurs ont du mal à situer Château Pouget sur la cartographie médocaine, une rencontre et une dégustation les convaincront qu’il n’y a pas qu’une seule manière de faire exister un château et que parfois la discrétion vaut mieux que tous les effets de communication.
Terroirs et Vignobles
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