(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Les Vins de Cassis ont présenté le livre éponyme sur l’appellation à l’hôtel des Roches Blanches, là même où s’était déroulé en 1936 le banquet de création de l’AOC, l’une des premières de France. Un bel ouvrage financé avec l’aide du Crédit Agricole Alpes Provence pour resituer les vins du vignoble cassidain dans leur magnifique écrin.

Cassis fête ses vins et son territoire au fil des pages magnifiquement illustrées par un jeune photographe cassidain Evan De Sousa. Le vignoble et les vignerons sont racontés par David Cobbold, Sébastien Durand-Viel et Hervé Lalau. Les paysages et les lumières de ce coin des Bouches du Rhône, intégré dans le parc national des calanques depuis 2012, se prêtent particulièrement aux clichés qui font rêver.

La maire de la commune, Danielle Milon, a d’ailleurs salué « l’aide précieuse apportée par le Parc pour protéger la commune des appétits des promoteurs même si les contraintes n’ont pas toujours été vues d’un bon œil par les vignerons. La force est de rester uni pour éviter que Cassis ne devienne Monaco mais sans le fric » ironise-t-elle. Philippe Faure Brac, meilleur sommelier du monde 1992 qui a longtemps eu une maison à Cassis, a évoqué « la belle alchimie entre la mer et le ciel bleus, les pins verts et la terre rouge qui produisent, sur des sols à dominante calcaire, de beaux vins blancs dans un océan de rosés ».

Face à ce panorama, dans ce site protégé, il ne peut y avoir que des vignerons heureux comme l’a rappelé le jeune président Jonathan Zack qui vient d’entamer son deuxième mandat de quatre ans. « Nous pouvons aussi être fier du dynamisme de notre vignoble illustré par le changement progressif de génération à la tête des domaines, par les investissements régulier des vignerons et par une concurrence saine qui se traduit par de nombreux essais de cuvées et de vinifications dans d’autres contenants que les traditionnelles cuves inox. Après une période salutaire de conservatisme puis d’intégration au Parc, nous pouvons davantage nous faire plaisir ».

Blanc, marsanne et gagne

Dans cet écrin, le vignoble de 200 ha travaillé par une douzaine de producteurs*, sera en 2021 entièrement en bio certifié sur les traces du château Barbanau, pionnier en la matière dès la fin des années 90. Le climat est clément sous le Cap Canaille et la Couronne de Charlemagne. On n’y a pas vu de gel depuis 1956. Ici, on craint davantage la sécheresse, surtout sur les coteaux cultivés en restanques.
L’appellation qui produit environ 1 million de bouteilles par an revendique trois terroirs, le plan de la gare, le vallon des Janots et les coteaux sur des sols argio-calcaires. bercés par les entrées marines. Il y a 20 ans, le président de l’appellation Jean-François Brando (château de Fontcreuse) avait failli obtenir le classement de trois crus par le président de l’Inao René Renoux mais l’unanimité avait fait défaut pour les inclure dans le cahier des charges. Il était en revanche parvenu à convaincre les producteurs d’adopter pour les blancs (plus des deux tiers de la production), la marsanne comme colonne vertébrale de l’appellation à au moins 30%, associé à l’ugni blanc, complétés de clairette, sauvignon, bourboulenc où les rares terret blanc et pascal. Cela a indéniablement donné un style aux vins de Cassis.

Car l’intérêt de cet îlot en terre provençale rosée, c’est le blanc, pas seulement pour accompagner poissons, coquillages et crustacés mais pour la trame fraîche et minérale de ses vins. La moitié des vignerons ne produisent pas de rouge qui reste anecdotique (grenache, cinsault, mourvèdre), quelques-uns ont même décidé d’abandonner le rosé comme le domaine Saint-Louis Jayne et le château de Fontcreuse à moyen terme.

* Domaine Couronne de Charlemagne, Château de Fontblanche, Château de Fontcreuse, Domaine de la Ferme Blanche, Domaine des Quatre vents, Clos Sainte-Magdeleine, Clos d’Albizzi,, Domaine de Barbanau (et Clos Val Bruyère), Domaine du Bagnol, Domaine du Paternel, Domaine Saint-Louis Jayne, Domaine de La Dona Tigana