Parmi toutes les propriétés détenues par la filiale du Crédit Agricole depuis 2004, le château Meyney est certainement celui dont le potentiel est le plus impressionnant. Un retour progressif parmi l’élite de la rive gauche à suivre avec attention.

Avoir des vignes plantées sur les bords de la Gironde est déjà un avantage certain, partagé par certaines des plus belles références de la rive gauche. Ajoutez à cela un sous-sol qui, sur une part importante du domaine, ressemble à s’y méprendre à celui du prestigieux château Montrose voisin, tout de graves siliceuses assurant une parfaite maturité des raisins, elles-mêmes posées sur un sous-sol d’argile garantissant un apport constant en eau pour la vigne qui peut ainsi fort bien résister même dans des millésimes très chauds. Terminez en précisant que ces argiles sont notamment des argiles bleues, une rareté que l’on retrouve notamment à Petrus. Et vous obtenez toutes les raisons de produire en ce lieu un grand vin médocain. Mais l’histoire de Meyney n’a pas été de tout repos au fil des siècles. Très ancienne propriété fondée en 1662, le château n’avait pas reçu toute l’attention nécessaire dans la période précédent son rachat en 2004 par CA Grands Crus. Depuis 13 ans, des moyens importants ont de nouveau été déployés pour permettre à ce cru célèbre de retrouver tout son éclat et de jouer de nouveau les premiers rôles sur la scène bordelaise.

Un rapport qualité-prix éblouissant

On ne le répètera jamais assez, mais Bordeaux regorge de vins très qualitatifs à des prix encore vraiment raisonnables. Meyney est de ceux-là, les amateurs en faisant l’un de leurs achats privilégiés pendant les primeurs. Il faut reconnaître qu’à moins de 30€ la bouteille, le concept de rapport qualité-prix trouve ici tout son sens. Car dans les millésimes de la dernière décennie, Meyney a montré qu’il pouvait offrir une énergie toute particulière, un fond incroyable et une délicatesse de texture admirable. Prenez le 2014. A dominante de cabernet-sauvignon comme toujours (51%), il s’avère dense mais sans excès, mêlant fruits noirs et beaux épices. Nul doute que les 42% de merlot lui apporte ce fruité juteux, croquant qui le rend terriblement séducteur. Un profil bien différent du 2010 qui surprend par sa sévérité aujourd’hui. Sa matière est concentrée, le nez chaleureux évoque le chocolat et ses tannins très présents sont polis et soyeux. Un vin qui défiera le temps et nécessite une période de garde d’au moins 5 ans pour être canalisé. Et si vous n’êtes toujours pas convaincus du potentiel de ce vin, alors essayez de goûter le 2005. Sa dégustation est émotion. La finesse exceptionnelle se laisse imaginer dès le nez tant la réglisse et les fruits noirs forment un duo harmonieux. Sa singularité ? 20% de petit verdot dans son assemblage qui lui confère une race certaine. Une grande réussite qui servira à n’en pas douter de référence pour les millésimes à venir, à suivre de près…