(photo : JC Gutner)
(photo : JC Gutner)

À une heure trente de Paris en TGV, la charmante ville d’Angers ouvre la voie vers un vignoble généreux, authentique et en plein renouvellement. Coteaux du Layon embrumés, panoramas spectaculaires sur la Loire, mers ondulantes de chenin – le cépage roi – ou de cabernet : l’Anjou a de multiples visages… et beaucoup de vins différents. Visite guidée avec notre Escapade en Anjou, publiée dans Terre de Vins n°58.

Épisode 5/6 : Domaine de Bablut, l’Aubance et l’esprit

Nous voici aux portes d’Angers, sur les coteaux de l’Aubance. Ce petit affluent de la Loire produit les conditions idéales pour le développement du botrytis, le champignon de la pourriture noble, et donc pour d’affolants vins moelleux.
À quelques kilomètres de Brissac et de son château, Christophe Daviau, vigneron de Bablut, pratique la viticulture bio depuis la fin des années 1990, ce qui fait de lui un des pionniers de l’Anjou. Mais, son leitmotiv, c’est la parfaite adéquation entre le terroir et le cépage. Dans le petit caveau historique, logé dans le moulin-cavier ancestral (le coin en regorgeait à une certaine époque, et la famille en possédait cinq), le vigneron accompagne la dégustation de ses vins par une explication détaillée et passionnée du terroir qui les a vus naître, entre Massif armoricain et Bassin parisien. À chaque parcelle, et selon les sols, schistes ou argilo-calcaires, une vinification différente. Le Petit Princé (sec), vinifié en jarres de grès, sera ainsi minéral et ciselé, quand l’Ordovicien (sec aussi) proposera plus d’amplitude, de matière et de « bourrins » (sic). Le domaine propose également trois coteaux-de-l’aubance, dont un grains nobles. « Le chenin ne tolère pas la médiocrité. Soit c’est un coup de pied au c…, soit c’est à jeter », affirme le vigneron, adepte du franc-parler et des raisins très mûrs. Les rouges sont composés dans un jeu d’associations entre les différents terroirs et les deux cabernets, le franc pour Petra Alba et le sauvignon pour Rocca Nigra, et un assemblage des deux pour Confluens. Loin des simplifications lissées, Christophe Daviau présente son métier comme une suite de choix cruciaux, mûrement réfléchis. À ceux qui veulent comprendre le lien, y compris spirituel, qui unit le vigneron à son terroir, il exposera sans bla-bla une sensibilité toute particulière et sa quête de l’harmonie parfaite.

49320 Brissac-Quincé
02 41 91 22 59 – Site internet
Ouvert du lundi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h 30.
Sur rendez-vous en dehors des heures d’ouverture.