La famille Manoncourt, propriétaire du Château Figeac à Saint-Emilion, vient de confier à Jean-Valmy Nicolas (co-gérant du Château La Conseillante à Pomerol), la direction commerciale et financière du domaine. Une nomination qui annonce des chantiers d’envergure…

C’est une annonce inattendue et inédite, qui ne va pas manquer d’être abondamment commentée sur la rive droite de Bordeaux : le Château Figeac, Premier Grand Cru Classé B de Saint-Emilion et propriété de la famille Manoncourt, vient de nommer Jean-Valmy Nicolas co-gérant de la société d’exploitation du château : il s’agit d’un mandat de deux ans renouvelable, qui confie en particulier à M. Nicolas la direction commerciale et financière de la propriété. Cette nouvelle a cela d’inédit que Jean-Valmy Nicolas est déjà co-gérant d’un autre grand nom du vignoble libournais, appartenant à sa famille : le Château La Conseillante à Pomerol. Mais il ne faut voir dans cette association inédite entre deux poids lourds de la rive droite « aucun rapprochement capitalistique ou commercial, les deux propriétés restant complétement indépendantes, précise l’intéressé. Je vais continuer à exercer mes deux fonctions séparément, sans aucun conflit d’intérêt ».

Il est difficile de ne pas voir dans ce rapprochement une réaction au dernier classement de Saint-Emilion, qui n’a pas vu Figeac rejoindre le cercle très fermé des Premiers Crus Classés A (Ausone, Cheval Blanc, Angélus, Pavie) auquel il pouvait pourtant prétendre. Jean-Valmy Nicolas s’en défend : « il n’y a pas de lien direct entre ma nomination et le dernier classement, et mon mandat n’intègre pas de directive particulière sur le classement de Saint-Emilion… »

Une affaire de famille

Quel est donc le contenu de sa mission ? « Mon rôle est d’abord de tout mettre en œuvre pour que la famille Manoncourt reste actionnaire de Figeac sur le très long terme, comme ma famille l’est restée à La Conseillante ». Est-ce à dire que la pérennité de la famille Manoncourt à la tête de Figeac est menacée ? « Non, mais il faut reconnaître que maintenir une telle propriété sous un contrôle 100% familial demande plus d’efforts et d’énergie qu’il y a cinquante ans, concède Jean-Valmy Nicolas. La famille a donc souhaité faire appel à un œil extérieur pour assurer la transmission de son patrimoine aux générations futures (le comte Eric d’Aramon reste à la direction du domaine, NDLR). C’est ce projet qui m’a séduit, cela fait partie de mon ADN, bien que Figeac soit une propriété quatre fois plus grande que La Conseillante, nous sommes dans une même logique, celle d’une famille qui veut se donner tous les moyens de regarder le futur avec confiance. Ce n’est pas une position défensive, comme j’ai déjà pu l’entendre, mais un choix d’avenir. »

Concrètement, les responsabilités de Jean-Valmy Nicolas seront d’assurer la direction commerciale et financière de Figeac, sous la supervision de la famille Manoncourt. « Mes priorités sont de définir une nouvelle stratégie commerciale pour Figeac, et en premier lieu de resserrer les liens avec le négoce bordelais. » Sans vouloir juger de ce qui a été fait jusqu’ici, Jean-Valmy Nicolas souligne la nécessité de « replacer Figeac au cœur de la place de Bordeaux, recréer la confiance avec les négociants, leur donner envie d’investir des ressources commerciales et financières » pour assurer la bonne diffusion d’un grand cru classé dont le prix avoisine tout de même les 250 € sur le millésime 2010 !

Assurer une plus grande maîtrise du réseau de distribution, repenser la stratégie marketing, événementielle et de communication du Château Figeac complètent les grands chantiers à venir. Comme l’a confié Marie-France Manoncourt à nos confrères de Sud-Ouest, « l’expérience acquise par M. Nicolas à la Conseillante [va nous permettre de] redynamiser Figeac, se concentrer sur l’avenir et rebondir ».

M.D.