Photo Frédérique Hermine
Photo Frédérique Hermine

Un vent de nouveautés souffle sur les vigneronnes des crus classés de Provence, changeant d’habillages ou d’assemblages ou étoffant leur gamme de nouveaux rosés.

Aurélie Bertin au Château Sainte Roseline a décidé de capitaliser sur la bouteille historique de la maison, la Lampe de Méduse, créée en 1950 par la femme du propriétaire précédent Henri de Rasque de Laval (également premier président des vignerons du Var). La baronne lui avait donné son nom en l’honneur des Chevaliers de Méduse qui avaient l’habitude de lamper le vin avant chaque intronisation. Le flacon original a bénéficié d’un joli coup de jeune après avoir trempé dans un bain d’acide pour un effet sablé et paré d’une étiquette plus sobre (16, 50 €). Autre changement : Aurélie avait décidé il y a quelques années avec l’œnologue et directeur général Christophe Bernard de planter du tibouren. Il entre désormais pour 25% dans la cuvée château avec grenache et mourvèdre. « Nous avons maintenant une gamme plus équilibrée et davantage de typicité par cuvée, commente Aurélie. Cette année, des investissements ont été faits à la cave dans un système de froid par stabulation (macération et fermentation) pour des rosés plus aromatiques et davantage de matière en bouche ». L’opulence du 2015 s’y prêtait particulièrement. Le Château des Demoiselles, 100% rolle (12, 20 €), se passe pour la première fois d’une vinification en barriques. Tout en fleurs et agrumes, le gras naturel du millésime 2015 se suffisait à lui-même et après une journée en bois, Aurélie a préféré le remettre en cuve. Sainte Roseline a également misé sur les capsules à vis pour les cuvées de négoce à l’export, en test en France notamment pour le Perle dans les brasseries, les restos a terrasse et pour les traiteurs. Sainte Roseline a également lancé un vin en négoce Love R By Roseline (8, 95 €): Un rosé gourmand, plus bonbon anglais, à l’étiquette girly façon hippie-années 70.

Au château Saint-Martin, Adeline de Barry a déshabillé son Éternelle Favorite (18, 95€) pour lui offrir une nouvelle bouteille plus conique a l’étiquette inspirée de la toile de Jouy afin de donner plus d’élégance à la cuvée prestige de la maison. En négoce, Saint Martin a sorti aussi des cuvées modernes : le Rosé & Roll (7, 90 €) produit en IGP Var, en partenariat avec quelques vignerons sur 2 ha en bordure de rivière, et la cuvée Colette, un côtes de Provence dans La Belle Collection, avec de la fraîcheur en bouche et sur la bouteille, une jeune femme pédalant sur l’étiquette.

L’Aumérade, autre propriété dirigée par deux dames, mère et fille, Marie-Christine Fabre-Grimaldi et Caroline Demey, fête les 60 ans de la cuvée Marie-Christine (le premier millésime date de 1955). Cette bouteille spécifique (10-11€) avait été dessinée par l’arrière grand-mère Charlotte s’inspirant d’un vase de Gallée. Elle a été revisitée pour l’occasion avec une sérigraphie blanche, de style art déco pour le rosé phare du château. Un flacon collector pour ce côtes de Provence rosé en grenache cinsault syrah, aux arômes de fraises et d’airelles

Au Château Roubine, Valérie Rousselle, en compagnie désormais de son fils Adrien, revisite en sérigraphie blanche la Vie en Rose (12 €). La cuvée lancée l’an dernier était d’abord en motifs noirs comme des dentelles sexys mais qui assombrissaient le vin. La nouvelle bouteille toujours conique laisse les roses grimpées sur ses flancs pour mieux dévoiler la jolie couleur saumon du vin. Adrien l’a imaginée en pensant à la cloche de verre où brille la rose de La Belle et la Bête et aux ronces qui envahissent les murs du château. Une bien jolie inspiration pour ce rosé festif en grenache, cinsault, syrah et 20% de tibouren, un cépage signature de la maison. Un vin charmeur, tout en fraicheur, qui sera bientôt décliné en effervescent. Un brut rosé en cuve close à base de grenache, cinsault et syrah, dosé à 8 g, léger et aérien pour un apéritif sur la plage dans quelques semaines.