((Photo © V. de Cizancourt)
((Photo © V. de Cizancourt)

En cette Journée Internationale des Droits des Femmes, rappelons que le vin a longtemps été, lui aussi, un vecteur du sexisme – et qu’il est encore parfois soumis à des considérations marketing un peu trop faciles. On trinque à toutes les victoires – passées et à venir – avec 10 cuvées clin d’œil.

En cette Journée Internationale des Droits des Femmes, il n’est pas superflu de rappeler que le vin n’a pas toujours été accessible aux femmes. Il leur était interdit d’en boire dans l’Antiquité sous peine de mort pour les contrevenantes mais il n’était guère convenable pour une dame encore jusqu’au milieu du XXe siècle. Tout juste était-il possible d’y tremper les lèvres en catimini, sûrement pas en public. D’autant que jusqu’à cette époque, il se buvait surtout dans les cafés et bistrots fréquentés uniquement par les demoiselles de petite vertu et femmes de mauvaise vie. Même à domicile, le code du savoir-vivre ne tolérait guère qu’une maîtresse de maison s’empare de la bouteille pour servir ses convives. Il en reste encore quelques réminiscences quand un homme se précipite sur le flacon que vous apportez à table pour remplir les verres alors qu’il ne s’est pas forcément hâté pour vous délester d’un plat.

Les nouvelles générations ne font heureusement plus de différence, ni dans le service, ni dans la consommation d’ailleurs. Et nul besoin de conter fleurette aux acheteuses potentielles de bouteilles en collant des roses et des papillons sur les étiquettes… sauf pour un geste complice à partager à un enterrement de jeune fille ou pour une soirée entre filles. Il n’est peut-être pas nécessaire non plus de s’arcbouter contre l’adjectif « féminin » qui peut définir, en des termes compréhensibles de tous, un vin élégant de belle rondeur.

Mais en cette journée du 8 mars, à chacune son combat. Ce qui ne nous empêchera pas de trinquer collectivement à toutes les amatrices de vin qui pourront se reconnaître dans ces quelques flacons, choisis aussi pour le clin d’œil au nom de la cuvée.

Dix cuvées à savourer aujourd’hui :

La Provocante du Champagne Piot-Sevillano. Un champagne à forte personnalité, à 100% meunier issu de vignes de plus de 25 ans aux jolis arômes de fruits blancs (poire) et de coing sur une note d’agrumes. (30€)

L’Insolente du Domaine Réty 2016. Un côtes du roussillon villages rouge qui évoque le caractère de la jeune Margot, la fille du propriétaire Patrick Réty. Un assemblage 80% grenache, 10% syrah, 10% mourvèdre, vendangés à la main et issus de sols schisteux au pied du Mont Canigou. Un vin ample et de belle fraîcheur sur des arômes de cerises bien mûres, structuré sur des tanins fermes et épicés (14€).

L’Audacieuse du Château de la Selve 2016. Un IGP Coteaux de l’Ardèche rosé, sélection de parcelles en coteaux, travaillées en biodynamie. Un assemblage de syrah, grenache et cinsault fruité et gourmand, aromatique sur les petits fruits rouges et les agrumes, de belle fraicheur, non collé non filtré, élevé avec des levures indigènes et en partie en fûts (16€).

L’éternelle Favorite du Château Saint-Martin 2017. Un Côtes-de-provence rosé tout en élégance dans ce grand cru classé de Provence. Un assemblage tibouren, Carignan, grenache, très aromatique et floral sur des notes de jasmin, d’agrumes et de petits fruits rouges (19,90€).

La Charmeuse du Château de Gaudou 2016. Un blanc doux 100% sémillon en vin de France, issu des terroirs du Quercy dans la vallée du Lot. Des arômes de fleurs, de fruits jaunes bien mûrs et d’ananas frais sur une note miellée (7€)

Les Jolies filles 2017 de la société Wine Not de Jean-Luc Aegerter et David Colliot. Un côtes-de-provence rosé convivial, frais et fruité. Un cinsault-syrah-grenache acidulé et décomplexé sur des notes d’agrumes et de groseille. (10€)

La séductrice 2015 du Domaine La Louvière au pied des Pyrénées, en bio. Un malepère rouge à majorité merlot (70%), complété de cabernet franc et malbec en sélection parcellaire (les plus hautes du domaines). Des raisins récoltés à pleine maturité avant une vinification en cuve et un élevage d’un an en fût de chêne pour un vin généreux et velouté sur les fruits rouges très mûrs, quelques épices et notes chocolatées et des tanins fondus. (12,50€)

La Grâce 2013 de la Cave de Tain, premier producteur européen de syrah qui propose une sélection parcellaire de syrah, élevée séparément en bois pendant un an pour en faire un vin de garde mais préservant la fraîcheur, minéral et fruité sur les petits fruits rouges. (19,90€)

Lady 2007 du Champagne Paul Goerg. Un 100% chardonnay (depuis ce millésime), peu dosé (4g) issu des vieilles vignes de Vertus au cœur de la Côte des Blancs et vieilli pendant 9 ans. Le champagne de prestige de la cave, tout en finesse, très frais et minéral sur des arômes de fruits jaunes et d’agrumes sur une légère note épicée. (89,95€)

Charme aux Dames de la cave coopérative du Vendômois. Un chardonnay en méthode traditionnelle à la fois rond et nerveux sous une mousse fine et intense et des arômes de fruits jaunes (5€)