Exceptionnel du fait de la climatologie qui a accompagné les vendanges, ce millésime 2018 s’annonce rare… et grand. Au Mas de Daumas Gassac dans l’Hérault, la totalité des volumes de blancs, de 48 000 bouteilles, s’est vendue en un mois en réservation primeur.

Après les aléas climatiques du printemps préjudiciables, en Languedoc-Roussillon, au volume de production, Dame Nature s’est montrée généreuse cet été, livrant un mois d’août caractérisé par une chaleur persistante accompagné de pluies sporadiques. Au Mas de Daumas Gassac dans l’Hérault, ces conditions climatiques favorables aux vendanges ont été renforcées par des nuits très fraîches, annonçant un grand millésime.

« Nous avons eu un mois de septembre de toute beauté réunissant la quintessence de ce que l’on pouvait espérer, témoigne Roman Guibert, à la tête avec ses frères de ce domaine phare en Languedoc. Bercé par deux bonnes pluies, l’une en juillet et l’autre en août, les moyennes saisonnières se situaient entre 28 et 35 degrés le jour avec des nuits qui descendaient à 10 degrés, offrant une amplitude thermique idéale pour conserver de l’aromatique aux raisins et maintenir une belle acidité. »

Précoce, ce millésime a offert aux vignerons du Mas de Daumas Gassac une « fenêtre de tir » importante qui a été mise à profit en choisissant de vendanger tardivement, pour amener les raisins à leur maturité phénolique maximale. « En termes de vendanges, on est dans la perfection, se félicite Roman Guibert. Alors qu’autour de nous les premiers coups de sécateurs étaient donnés le 20 août, nous avons commencé avec les blancs le 3 septembre pour finir de récolter les rouges le 28 septembre, afin de capter l’expression la plus intéressante des baies ». Caractérisé par des fermentations très lentes, ce millésime se définit par son caractère digeste, son peps et « une expression aromatique fantastique ».

Année chaude = bon millésime

Malgré une production inférieure de 35% livrant 48 000 bouteilles de blancs et un volume de rouges annoncé autour de 90 000 bouteilles (contre 110 000 habituellement), c’est donc un grand millésime. Conséquence ? Mas de Daumas Gassac a vendu la totalité de sa production en un mois via son système de vente en primeur. « A la clôture de l’offre primeur, fin septembre, l’ensemble des blancs 2018 et des rouges 2017 était alloué. Pour satisfaire tous nos clients, les souscriptions ont été limitées à 12 bouteilles par personne », confirme Roman Guibert.

En partie expliquée par la baisse des volumes, cette rupture de stock qui intervient avant la mise en bouteille du millésime, confirme le succès rencontré par ce domaine qui enregistre au fil des ans une hausse de ses demandes en souscription. Au Mas de Daumas Gassac en effet, on atteint une performance rare malgré les aléas climatiques, avec un cinquième bon millésime de suite. 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018. Si les cinq derniers millésimes de Daumas Gassac sont bâtis pour le vieillissement, le 2018 s’annonce encore plus exceptionnel, selon Roman Guibert : « Les années en 8 comme 1998 et 2008, chaudes et solaires, annoncent chez nous de très beaux millésimes. Ce sont souvent aussi les années où l’on gagne la coupe du monde », conclut dans une boutade le vigneron.