Ci-dessus : Sablet (photo Christophe Grilhé)
Ci-dessus : Sablet (photo Christophe Grilhé)

La soirée « village des villages » organisée le 17 avril à partir de 18 heures sur la mythique place du palais des Papes à Avignon (84) met en lumière les côtes-du-rhône villages communaux. Une tribu joyeuse et colorée qui fait le bonheur des dénicheurs de pépite à prix doux.

Ils sont à ce jour 14 côtes-du-Rhône villages « communaux », c’est-à-dire issus d’une ou de plusieurs communes. Dernier en date à avoir rejoint la petite famille, le côtes-du-rhône villages Saint-Andéol dont la production trouve refuge en Ardèche méridionale. Juste avant lui, ce fut le cas de « Sainte-Cécile », qui après deux ans d’existence connaît un succès évident, de « Suze-la-Rousse », de « Rochegude » et de « Vaison-la-Romaine ». « C’est une famille qui suscite l’intérêt et la curiosité du public », souligne Alain Aubert, vigneron dans l’appellation côtes-du-rhône villages Plan de Dieu, le « village » le plus important en volume avec une production de 40 000 hl par an, dopé par une forte demande.

Au-delà de leur nom de clocher, chaque village possède en effet une personnalité propre liée à la singularité de son terroir. Planté sur cailloutis sous lesquels se cachent des argiles bleus ou des safres gréseux, les vins du Plan de Dieu dominés par le grenache sont des méridionaux « pur jus » : mûrs, ronds et concentré avec au nez des notes de fruits rouges et de garrigue. Chusclan dans le Gard est réputé pour la gourmandise de ses rosés. Laudun, dans le Gard également, pour la minéralité de ses blancs et l’élégance de ses rouges. Rousset-les-Vignes, le plus au Nord de l’aire des côtes-du-Rhône, offre des vins toute en finesse. Au pied des dentelles de Montmirail, Séguret fournit des vins charnus, concentrés, bourrés d’équilibre. Son voisin Sablet, qui doit son nom à son terroir sableux, joue la carte de la fraîcheur et de l’élégance.

Impossible, ici, de les passer tous en revue. Reste qu’ils font, aujourd’hui, figure de proue dans la vallée du Rhône méridionale. « Ce sont incontestablement les ‘bons plans’ de la région, commente un observateur averti. Pour preuve, leurs ventes progressent dans à peu près tous les circuits. Car au-delà, de leur diversité, ils jouissent d’un excellent rapport plaisir/prix autour de 5/6 euros et jusqu’à 10 euros pour les cuvées plus prestigieuses. » Ils sont aussi un marche pied vers les crus, la plus haut niveau de la pyramide du vignoble. Le « villages » Laudun brigue, ainsi, cette strate avec bon espoir d’y parvenir.