(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

L’œnologue-conseil Fabien Ozanne animait hier la master class Côte Rôtie dans le cadre de Découvertes en Vallée du Rhône. Retour sur cette belle dégustation.

Une côte cristalline rôtie par le soleil surplombe en terrasse le cours du Rhône. La Côte Rôtie doit son nom au fort ensoleillement de ses coteaux exposés sud-est, entre 180 et 325 mètres d’altitude pouvant être inclinés à plus de 60 degrés. C’est une AOC depuis 1940, en syrah majeure qui peut être complétée par 20% de viognier. Une tradition qui a perduré dans le cahier des charges, due à la complantation. Dans les 307 ha de l’appellation, la syrah à toujours été associée au viognier qui enrichit ses vins en sucres et en alcool, apporte aux rouges rondeur et complexité. « On en retrouve en moyenne 5% dans la majorité des cuvées qui associent les deux cépages, ceux-ci devant être récoltés mais également fermentés ensemble, rappelle Fabien Ozanne (photo ci-dessous), œnologue-conseil et directeur du laboratoire Dioenos Rhône. On récolte en moyenne 12 600 hl par an uniquement en rouge avec un rendement maximum de 42hl/ ha qui en général reste inférieur à 40. Mais la syrah est un peu pénible, peu productive et sensible aux maladies et à la sécheresse ».

Comme Condrieu, le vignoble à d’ailleurs failli disparaître notamment à cause de la première guerre mondiale qui emporte 150 vignerons ; il ne reste qu’une soixantaine d’hectares dans les années 60. La renaissance de l’appellation verra le jour 20 ans plus tard. L’un des cépages les plus riches en polyphénols, est incontestablement un cépage autochtone, enfant de mondeuse blanche et de dureza dont parlait déjà Pline l’Ancien dans ses écrits. Elle a hérité du premier parent l’aromatique qui se développe sur des arômes de cassis, violette, poire et truffe, du deuxième la coloration.
« Sur les 73 lieux-dits de Côte Rôtie, on retrouve parfois plusieurs types de sols, granits, schistes et gneiss, les Rhodaniens étant moins stricts que les Bourguignons dans leur définition, avoue Fabien Ozanne. Au Sud, les granits puis en remontant les gneiss qui préservent la fraîcheur et l’acidité notamment sur la Cote Blonde, au-dessus d’Ampuis des lœss qui allègent les rouges et au nord, plutôt des schistes, ceux de la Côte Brune, contenant beaucoup de fer et de magnésium ». On retrouve aussi l’un des plus forts taux de manganèse de toutes les appellations, d’où un fort effet terroir jouant dans la synthèse aromatique ».

Domaine Chambeyron La Chavarine 2015 : en haut de la Côte Blonde. 100% éraflé, vinifié en cuvees puis un an en fûts dont 25% neufs. Des arômes de litchi, mangue, roses anciennes sur des tanins soyeux et élégants.

Delas Saint Paul La Landonne 2015 : sur La Côte Brune. 16-17 mois d’élevage en fûts dont moitié en bois neufs . Des fruits très mûrs, de la réglisse, de la violette, des notes de fumé et moka sur un léger boisé. Un millésime concentré.

Domaine Georges Vernay Maison Rouge 2014 (le nom vient du fait que la maison appartenait aux cardinaux de Vienne) : 24 mois d’élevage dont 30% en bois neuf. Des arômes de cassis, réglisse, olives sur une pointe animale et des notes de tabac et santal, une finale acidulée. Un millésime moins concentré, plus tendre et fruité.

Stéphane Ogier Montmain 2013 :
30 mois d’élevage en fûts dont 30% neufs. Un millésime tardif (vendanges en octobre). Un vin plus austère sur des fruits rouges très mûrs des épices douces, de la poire et du tabac, de belle fraîcheur et des tanins veloutés.

Côte Blonde Guigal La Mouline 2012 : 11% de viognier et un élevage de 40 mois en barriques neuves riflées et soutirées à la bordelaise. Des arômes de fruits rouges, violette, rose ancienne. Une grande fraîcheur et une jolie acidité en finale, des tanins harmonieux sur une note fumée (cendres).