Ce premier week-end d’événements à travers le Beaujolais a prouvé que la Beaujonomie n’était pas seulement un concept. Deux ans après son lancement, les valeurs de convivialité et de partage, autour du mariage entre les vins du Beaujolais et la bistronomie, s’est révélé être un grand moment d’œnotourisme et d’épicurisme.

35 domaines, répartis sur l’ensemble de la région beaujolaise, ont ainsi proposé des menus concoctés par des chefs de leur choix, ou par eux-mêmes, et ont servis leurs vins, le plus souvent en magnum, contenant illustrant par excellence la convivialité des grandes tablées.

De douze à cinquante convives étaient attendus, moyennant un ticket d’entrée librement fixé par les domaines, pour visiter les caves, et/ou faire une balade dans les vignes, rencontrer les propriétaires et vignerons, et enfin déguster apéritif et mets autour d’une grande table.

Version champêtre et franco-japonaise au château des Moriers à Fleurie

La chef Akané Monavon, bientôt en résidence à la Fulgurance à Paris, a parfaitement maîtrisé l’art de la fusion entre cuisine française et influences du monde, à l’image du « phô-mage de tête de veau à la moutarde de curcuma », ou encore du paleron de bœuf charolais accompagné d’une sauce caramel chimichuri et ananas, du tofu des canuts, revisitant la célèbre cervelle avec du raifort et sel de shiso.

Les cuvées « classiques » du domaine (« Fleurie la Brirette 2015 » et le « Moulin-à-Vent Vieilles Vignes 2013) se sont parfaitement épanouies avec ces mets, et ce fût l’occasion pour Anne-Victoire de présenter ses deux nouvelles cuvées : « Fleur des champs » et « Vive la joie », réalisant ici deux expressions de gamay sur le côté « glouglou », des jus plein de fraîcheur et de fruits.

La convivialité n’était pas en reste : trois tablées étaient réunies dans le jardin pour ce premier déjeuner, composées d’amateurs qui ne se connaissaient pas une heure avant. Un couple d’Anglais, amateurs de bonne chère et en résidence secondaire près de Tournus, ont conviés leurs amis néerlandais le temps d’un week-end dédié au plaisir et aux « grands vins du Beaujolais ».
Une famille dont les membres habitent à Paris, Grenoble, Le Havre et Lyon s’est recomposée le temps de ce week-end, et ne regrette pas leur choix.

Version bio et très lyonno-beaujolaise au Château de Poncié à Fleurie

Replantation, conversion en bio, rénovation, changement de nom : le château de Poncié ne cesse d’avancer depuis 2009, où Joseph Bouchard a pris les rennes du domaine.
Propriété répartie sur 120 hectares dont 35 de vignes sont en production, le domaine dispose de très belles parcelles, qu’il faut visiter : la vue peut y être absolument éblouissante.

Le Beaujolais blanc 2019, pour sa première année en bio, fut parfait pour l’apéritif, en prélude aux rouges qui accompagnèrent les mets préparés par le chef Aurélien Merot.

Pâté en croûte lyonnais foie gras pistaches, volaille de Bresse rôtie au foin et gratin dauphinois, cervelle de canut et panna cotta fraise : le chef de l’Auberge du Cep à Fleurie a régalé les convives.

Sud Beaujolais : vins nature et vins de garde à l’honneur

Dimanche pluvieux, mais dimanche heureux, avec la découverte, au sommet des vignes, des vins nature de David Large et ceux en culture raisonnée de Jean-Luc Longère, puis par ceux du somptueux château de Champ-Renard.
La matinée fut placée sous le signe des blancs. Les deux cuvées de Jean-Luc Longère (« Nos 2 L », en référence aux prénoms de ses deux filles, et « En Verchères »), constituent deux expressions de chardonnay beaujolais au top : tension, fraîcheur, beaucoup de fruit, et une belle rondeur très maîtrisée sur la deuxième.

Tendance rock et nature chez David (photo ci-dessus), qui nous a régalé avec son blanc « Dos Argenté » (en référence au large dos de son père, luisant dans les vignes sous le soleil), trouble mais troublant de sapidité, de vibrance et d’expressivité. Même émotion avec sa cuvée rouge « Les Grands Terriers », un jus nature sur le fruit, droit et précis.

Changement de cap vers le château de Champ-Renard (ci-dessous), à Blacé, où Fabienne Vilain et son compagnon ont des idées bien précises quant à la nature des vins qu’ils souhaitent produire. Leur cuvée « Bo Bo » s’exprime sur le fruit et le côté sapide mais avec une belle matière, quand la cuvée « 1787 » (date de la visite de Thomas Jefferson au château), appelle la garde.

On ne peut que vous engager à rendre visite à ces trois vignerons, et à faire une halte au château, tout en pierres dorées, afin de déguster l’ensemble de la gamme et profiter des œuvres d’art trônant dans le parc.

La deuxième édition est d’ores et déjà vivement attendue, mais confirme l’envie et le besoin de continuer à découvrir le Beaujolais, ses vignerons, ses paysages et son patrimoine, toute l’année durant.