(Photo : Maurice Subervie)
(Photo : Maurice Subervie)

À l’échelle mondiale, seulement 12 cépages, parmi les 1 100 cultivés sur la planète, occuperaient aujourd’hui jusqu’à 80 % des vignobles de certains pays, selon une étude de l’INRA et l’université de Harvard. C’est pour redonner un peu de diversité à nos vignobles que 150 vignerons se retrouvent chaque année, le temps d’un week-end de novembre, au Bar de la Fontaine à Saint-Côme-d’Olt (12), pour débattre et échanger autour des cépages modestes, ces cépages patrimoniaux devenus minoritaires en France.
Quatrième de nos six témoignages et retours d’expérience extraits du Terre de vins n°55.


Nicolas Gonin : comme un chat… persan dans les vignes

« Vigneron, je suis un œnologue qui rêvait d’être ampélographe. Et, de fait, je suis devenu ampélographe local et de terrain au Centre d’ampélographie alpine Pierre-Galet (le CAAPG, dont il est le vice-président, NDLR), qui a œuvré à la redécouverte de 25 variétés anciennes dans les communes des deux Savoies, du Dauphiné et du Bugey : mondeuse, mècle, douce noire, etc. Des cépages qui ne disent pas grand-chose aux consommateurs parce que disséminés à cause du phylloxéra au XIXe siècle, puis arrachés pour leur faible rendement et leur faible teneur en alcool. Le déclic me concernant est arrivé en 2009 : pour m’installer, j’avais acquis 3 hectares plantés en cépages améliorateurs (pinots noir et gris, gamay, chardonnay). J’ai fait un premier assemblage de persan et de mondeuse, et je me suis rendu compte que ça surclassait tout ce que je faisais ! J’ai décidé alors de ne planter que les cépages locaux pour lesquels j’avais la preuve d’une antériorité très forte : persan, altesse, verdesse, jacquère, etc. Aujourd’hui, un contexte favorable s’ouvre aux vignerons de Savoie qui souhaitent replanter et mettre en bouteilles ces raisins-là, renforçant ce faisant l’identité de cette petite région viticole de 3 000 hectares. C’est ce qui m’est arrivé avec ma cuvée Persan, commercialisée en 2010 en IGP Isère-Balmes-Dauphinoises. C’est elle qui m’a fait connaître à l’international, 20 000 bouteilles trouvent preneurs, principalement à l’export. »
Domaine Nicolas Gonin – 38890 Saint-Chef
04 74 18 74 81 – www.vins-nicolas-gonin.com