Ce vendredi débute les toutes premières vendanges en Beaujolais, sur les parcelles précoces et dédiées au Beaujolais blanc. La levée du ban des vendanges pour les rouges est fixé au lundi 28 août, et la plupart des producteurs verront l’essentiel de la récolte se tenir entre le 3 et le 15 septembre, en fonction des parcelles et de l’état de la récolte.

Si 2017 a été le théâtre de plusieurs épisodes de grêle, dont un particulièrement ravageur le 10 juillet – qui a eu notamment pour effet de priver complètement certains vignerons de Fleurie de leur récolte annuelle, comme de diminuer drastiquement parfois la récolte chez d’autres –, toutes appellations confondues, l’année n’en a pas moins été bonne sur l’état des raisins : l’état sanitaire est bon, peu ou pas de maladies à déplorer et donc peu ou pas de traitements nécessaires, une maturité arrivée à son terme sans encombre en raison d’un été chaud et sec, comme le relève Frédéric Berne au château des Vergers. La frustration d’avoir perdu de la récolte en raison des orages de grêle n’en est ainsi que plus grande, même si les producteurs se rassurent en constatant que ce qui reste est de belle qualité.

Les intempéries entraînent non seulement une baisse de récolte, mais également un travail de vendanges différent : certains vignerons ont recruté davantage de petites mains, afin d’effectuer un tri plus précis directement sur la vigne : couper les baies endommagées pour ne conserver que les baies intactes. D’autres effectueront ce tri directement au chai. À noter qu’un éraflage plus important sera nécessaire, dû au nombre de baies moindre sur les grappes : la quantité de rafle n’est plus compensée par la présence du nombre total de baies, et risque donc de prendre le dessus. Un travail supplémentaire à ajouter !

Trois semaines d’avance

Si le Beaujolais récolte toujours un peu plus tôt que le Rhône septentrional et la Bourgogne, le réchauffement climatique semble avancer, de manière globale, les dates de vendanges, et on constate une avancée moyenne d’un mois depuis une cinquantaine d’années. Toutefois, les années se suivent mais ne se ressemblent pas : 2003, 2005, 2009 ont eu des vendanges précoces, à l’image de cette année, quand d’autres, comme 2013, qui fut une année compliquée où la maturité des raisons a été difficile à atteindre, ont vu leurs vendanges démarrer fin septembre. La chaleur estivale et le manque d’eau du millésime en cours en ont décidé autrement : « la récolte a trois semaines d’avance. On a eu un bel été, de longues journées ensoleillées mais sèches. Même si on ne peut pas parler de canicule, il est clair que le vignoble a souffert du manque d’eau », déclare Dominique Piron, le président de l’interprofession.

Le week-end à venir s’annonce encore chaud et avec du vent, ce qui laisse encore quelques jours au raisin pour gagner en concentration, puis les coups de sécateurs vont commencer à rythmer le paysage beaujolais tout au long de la première quinzaine de septembre.