Présent à Bordeaux Tasting pour le plus grand régal des amateurs, le château Canon, Premier Grand Cru Classé « B » de Saint-Émilion, revendique son classicisme (Chanel oblige ?) Ce qui ne l’empêche pas de se remettre en question pour affirmer toujours plus ses ambitions.

Parmi les quelque 120 bordeaux présents ce week-end au Palais de la Bourse pour la quatrième édition de Bordeaux Tasting figurent bien sûr quelques grandes propriétés des deux rives, et notamment des grands crus classés de Saint-Émilion. Parmi eux, le château Canon, vignoble emblématique du plateau calcaire de la prestigieuse appellation, dont la renommée auprès des amateurs n’a d’égale que la discrétion. Une alchimie savamment cultivée par la maison Chanel, propriétaire du château depuis 1996 (NDLR : Chanel est également propriétaire du château Rauzan-Ségla, qui a les honneurs d’une Master Class sur la « magie des années 2000 » cet après-midi). Mais qui n’empêche pas toute l’équipe de nourrir de très grandes ambitions pour aller toujours plus haut.

L’arrivée de Nicolas Audebert à la tête de la propriété, en juillet dernier après un an de « transition » au côté de John Kolasa qui avait brillamment présidé aux destinées de Canon et Rauzan pendant plusieurs années, a ouvert un nouveau chapitre. « Depuis 1996, de nombreux efforts et investissements ont été consentis pour restructurer le vignoble, moderniser l’outil technique et gagner toujours plus en précision dans la qualité de nos vins », explique Géraldine Léger, qui représente aujourd’hui le château Canon à Bordeaux Tasting. Alors que l’on s’apprête à fêter le 20ème anniversaire du rachat par Chanel, l’arrivée de Nicolas Audebert marque la fin d’un cycle (le château vient de finir d’être rénové après trois ans de travaux) et enclenche « une nouvelle dynamique, avec beaucoup de projets qui devraient voir le jour dans les mois à venir, même si tout est encore en phase de réflexion, notamment en ce qui concerne l’oenotourisme ».

L’ère est au renouveau, donc, mais au renouveau qui s’inscrit dans la continuité : « le château Canon revendique son classicisme, dans le pur style du plateau calcaire de Saint-Émilion (les galeries souterraines sont d’ailleurs de toute beauté, on est littéralement « dans le terroir »), et nous n’avons pas l’intention de dériver de cette ligne », poursuit Géraldine Léger. Riche d’une très belle oenothèque, le château Canon se signale par l’élégance et la fraîcheur de ses vieux millésimes, comme la récemment prouvé une verticale qui remontait à 1929. « Cette capacité à traverser le temps, c’est ça aussi, la signature de Bordeaux, et c’est ce que nous essayons de transmettre aux jeunes amateurs qui nous rendent visite à Bordeaux Tasting ».