Pendant ces deux jours de Bordeaux Tasting, le 3ème grand cru classé du Haut-Médoc, Château La Lagune, a fait déguster ses trois vins. Avec une nouveauté assumée et expliquée sur leur stand : la vendange 2016 certifiée à 100% bio.

Ce week-end, vous pouviez trouver La Lagune en A10, au milieu du Palais de la Bourse, au cœur de Bordeaux Tasting. Mais les autres jours, c’est tout près de Bordeaux, une des premières propriétés sur la route du Médoc.

120 hectares désormais tout en bio

« L’équipe de La Lagune a commencé à faire des tests sur des parcelles en 2008, à la demande de Caroline Frey (la propriétaire). Elle a toujours été très sensible à l’environnement », explique Charles De Ravinel, directeur de La Lagune. « le cap de la conversion en bio a été franchi en 2013 ». 2016 sera donc le premier millésime de « vin biologique » indiqué sur la contre-étiquette des bouteilles. Un choix cohérent, selon le directeur, avec la volonté des consommateurs de savoir ce qu’ils achètent.

Travailler le sol pour révéler le terroir

« Passer en agriculture biologique, c’est avant tout changer d’état d’esprit. Il ne s’agit plus de faire des calendriers de traitements systémiques et d’être tranquille pendant 14 jours », analyse le directeur. Observation, passage quotidien dans les vignes, achat des outils adaptés, formation du personnel pour bien les utiliser, travailler les dé-compactages des sols, revenir aux labours, faire des vendanges en vert, Charles De Ravinel liste l’ensemble des choses que ce choix en agriculture biologique impose. « Travailler le sol, obliger la vigne à s’enraciner plus profondément, c’est la seule façon de l’équilibrer, de gérer son stress hydrique ou au contraire les excès d’eau ». En somme, une façon de faire le lien avec l’endroit où la plante pousse, le terroir.

Un investissement écologique global

Travail sur les ressources énergétiques, sur la gestion de l’eau, formations en biodynamie, échanges entre techniciens, l’agriculture biologique, en dehors du respect des hommes et de l’environnement de la propriété, « n’est pas une fin en soi », selon le directeur. « Qu’est-ce qu’il y a d’autre aujourd’hui comme possibilité de cultiver les vignes en ramenant de la biodiversité dans les sols ? Peut-être que l’agriculture biologique est trop permissive sur certaines choses, notamment le cuivre, mais c’est déjà mieux que le reste. » Recréer des « corridors écologiques qui ont beaucoup disparu dans le Médoc » où la monoculture de la vigne a pris le dessus. « Même par des haies, ou des nichoirs, un arbre là, cela permettrait de récréer des endroits pour favoriser la biodiversité ».

Vue comme un outil de plus pour améliorer la qualité des raisins, matière première des vins, l’agriculture biologique à La Lagune est associée à des prises de vues, des coupes de sols, le but ultime étant « mieux connaître nos parcelles, pour être de plus en plus pointus dans la vendange et les travaux à la vigne. »

Un impact social fort

« Nous avons organisé des portes ouvertes, après les diffusions d’émissions sur l’utilisation des pesticides à Bordeaux. C’est intéressant de voir la curiosité et le changement positif de relations avec les voisins » Impact également sur l’équipe, pour laquelle « les salariés font partie intégrante de la démarche ». Une démarche, pour laquelle il n’y jamais rien d’acquis, et pour laquelle aucune bonne recette n’est écrite à l’avance. « Communiquer avec les riverains et les visiteurs, nous permet aussi de rappeler que l’écologie n’est pas réservée aux viticulteurs. Chacun, en installant des ruches dans son jardin par exemple, a son petit rôle à jouer », rappelle Charles De Ravinel. On se souvent de la théorie du colibri qui participe à l’extinction d’un feu de forêt, chère à Pierre Rabhi…

A la dégustation à Bordeaux Tasting : Mademoiselle L 2014 (17, 55 €), Le Moulin de La Lagune 2012 (29, 30 €), Château La Lagune 2012 (59 €).