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Château Léognan renaît

Auteur

La
rédaction

Date

05.02.2013

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Philippe Miecaze a acquis cette propriété chargée d’histoire en 2007. Il nourrit des projets autour de l’œnotourisme et envisage de s’étendre… un peu.

« Jamais, dans mes rêves les plus fous, je n’espérais acheter en Pessac-Léognan. » Sept années après son investissement, Philippe Miecaze (prononcez Miécase) savoure encore son bonheur d’avoir acquis cette propriété chargée d’histoire. 70 hectares, dont 6 plantés sur des terres qui appartenaient à des moines au XVIIe siècle ; des terres embellies d’une chapelle jamais déconsacrée ; des terres cultivées pendant vingt ans par Olivier Bernard, du Domaine de Chevalier, qui en avait le fermage… Que d’histoires à raconter ! Les gens du monde viticole le savent : faire un bon vin est une chose ; savoir en parler en est une autre. Et Philippe Miecaze a aujourd’hui tous les atouts pour faire sortir son château Léognan de l’anonymat.

De l’imagerie au vin

Un challenge audacieux, car, avant 2007, cette vigne entrait dans la composition du Domaine de Chevalier. C’est ce projet de création du Château Léognan qui a justement convaincu l’ancienne propriétaire de céder son patrimoine à de nouveaux venus, hier installés en région parisienne, à la tête de la société Numérix, spécialisée en imagerie médicale.

Château Léognan, qui porte le nom de la commune située au sud de Bordeaux et d’une partie du nom de l’appellation, produirait son vin ! Depuis le premier millésime en 2007, 25 000 bouteilles sortent ainsi chaque année des cuves de vinification. « Faire plus de bouteilles n’est pas ma volonté première », reconnaît toutefois Philippe Miecaze, qui, aux actions de commercialisation, préfère le temps passé au chai. Un engagement qui, en peu de temps, lui a déjà valu plusieurs reconnaissances. Celle du public, d’abord, qui achète ce vin 28 €, un prix supérieur à certains crus classés. Celle des critiques, aussi, qui apprécient ce vin sur le fruit et assez féminin.

Les oiseaux sur l’étiquette

« Cette vigne, je l’ai amenée à l’excellence et je te l’ai laissée dans sa robe de mariée, m’a confié Olivier Bernard quand nous l’avons achetée. » La bâtisse de Philippe Miecaze, elle, et sa magnifique chapelle XVIIIe, avaient en revanche besoin d’un grand ravalement. 1, 5 million a déjà été investi dans leur rénovation. La toiture a été entièrement refaite ; les vitraux ont été restaurés selon le travail du maître verrier Henri Fleur qui les avait dessinés en 1897 ; la chapelle s’entrouvre désormais aux visiteurs… Cette ouverture, les Miecaze entendent la cultiver. C’est ainsi qu’ils proposent quatre chambres justement décorées. Une salle de dégustation, une piscine et un spa viendront étoffer cette offre touristique.

Le projet pour demain ? D’abord faire un bon vin. Philippe Miecaze envisage seulement de faire un jour « un peu de blanc » et, peut-être, de s’étendre sur 3 hectares supplémentaires. « On n’est pas là pour faire du business », insiste-t-il. Nous voilà rassurés : les oiseaux buvant au calice le sang du Christ, qui marquent de leur silhouette l’étiquette du Château Léognan, ne s’envoleront donc pas dans la stratosphère des prix. Leur symbolique religieuse n’aura jamais été aussi vraie : la résurrection.

R.W.