Mickaël et Jacques Sire (photos : Luc Jennepin)
Mickaël et Jacques Sire (photos : Luc Jennepin)

Berceau de l’humanité, Tautavel (Pyrénées-Orientales) – où fut découvert le crâne de l’un des plus vieux hominidés européens – rejoue la théorie de l’évolution autour de ses vins. Sur ces terroirs employés jadis à la production de vins doux naturels, l’AOP Côtes-du-Roussillon-Villages Tautavel rouge s’achemine à grands pas vers une reconnaissance en cru communal.
Cinquième volet de notre escapade publiée dans le Terre de vins hors-série Sud actuellement en kiosques.

Le domaine n’a pas usurpé son nom puisque l’essentiel du vignoble de 50 hectares se situe sur schistes, entre les appellations Maury et Tautavel, pour une production diversifiée (VDN, rancios secs, Côtes-du-Roussillon, IGP Côtes catalanes) de 100 000 bouteilles. Mais ce qu’affectionnent le plus Jacques (le père) et Mickaël Sire (le fils), ce sont les veines argilo-calcaires provenant des contreforts des Corbières, au nord-ouest de l’appellation Tautavel. Elles représentent à peine 5 hectares, certaines parcelles ayant été arrachées à la garrigue, pour une production de 8 000 bouteilles. « Sur ces terroirs tardifs à 240 mètres d’altitude, les maturités sont plus lentes pour des profils de vins avec des acidités qui ne sont pas fondues par la chaleur », explique Mickaël, 35 ans. Moins exubérants, les vins qui en sont issus sont mis en écrin à travers une gamme parcellaire créée lors de son arrivée au domaine, en 2004. « Dans le sillon de mon père qui fut l’un des premiers il y a vingt ans à quitter la cave coopérative, j’ai voulu bousculer les lignes en signant des vins pas trop extraits, marqués par l’équilibre avec une maturité et un soleil toujours tempérés. » Une quête de fraîcheur imposant à ce vigneron un travail d’équilibriste : raisins vendangés une semaine avant leur pleine maturité, rafles en partie conservées pour apporter des notes florales et de la digestibilité, faibles extractions (davantage des infusions) et élevage bois millimétré. Élevée en cuves béton, la cuvée La Caune d’Enjoffre (16 €), à dominante carignan, livre un vin où s’exprime un fruit mûr mais croquant. La Coumeille (15 €), élevée en foudres de 2 000 litres, joue elle le registre de la syrah (85 %), avec des tanins soyeux. Ce sont donc ces vins-là que l’amateur de fraîcheur et de fruits choisira en premier lieu.

66310 Estagel
06 89 29 38 43
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