43 AOP et 14 IGP pour les vins d’Auvergne-Rhône-Alpes, ça fait du monde qui défile au Conseil régional avec des demandes parfois concurrentes. D’où l’idée il y a 10 ans d’une structure professionnelle informelle pour définir ensemble des priorités et identifier les plus petits dénominateurs communs et définir une stratégie globale.

Ça c’était dit, mais l’idée restait floue. Concrètement, il s’agissait de faire connaître au grand public les vignobles de la région et déterminer les dossiers à financer. Avant de se lancer dans une communication collective, il a fallu trouver un nom. La chose n’a pas été aisée. Finalement, on aboutit à l’Œnothèque Rhône-Alpes qui deviendra cette année L’Œnothèque Auvergne-Rhône-Alpes, « une marque ombrelle et un nom de famille pour cette quarantaine d’appellations à représenter et présenter dans les salons et manifestations sous l’angle œnotouristique, ne serait-ce que pour faire connaître les plus petites ou les coins sauvages», explique la déléguée générale Patricia Picard. L’ambition est grande : devenir la première région d’œnotourisme de France en 2025. « Certes, l’objectif est utopique. Mais il est un moteur important et finalement tous s’y retrouvent ». Cela se traduit déjà depuis autre ans par l’organisation d’un Fascinant Week-end mi-octobre (la prochaine édition aura lieu le 21-22), un programme œnotouristique pour découvrir les différents vignobles de la région. Patricia Picard travaille également à mettre en œuvre un centre de ressources DNS ce domaine, un super office du tourisme des vignobles en somme, en partenariat avec le nouveau Carré du Palais à Avignon, l’Université du Vin de Suze la Rousse, le pôle Valence en Gastronomie, dans l’attente de maisons des vins qui jalonneraient la route du vignoble. « Nous ne communiquons pas sur l’Œnothèque à proprement parler ; nous sommes juste un agent de liaison pour rassembler et ne pas larguer le grand public qui peut difficilement comprendre que des producteurs de Côtes-du-Rhone et de Grignan les Adhémar, chacun d’un côté de la route, ne puissent pas informer ensemble. Nous avons besoin d’une vision plus globale sans raisonner par chapelles ».

Un rôle sociétal et environnemental

L’Œnothèque se veut également le représentant auprès des instances européennes notamment pour mettre en place un statut juridique spécifique aux coteaux qui représentent 70% des vignobles régionaux. « cette viticulture a un rôle à jouer dans le paysage économique mais aussi environnemental et sociétal; il faut aider à la préserver malgré un lourd handicap puisqu’ils nécessitent davantage de main d’œuvre, de contraintes comme l’interdiction de certains intrants, et donc un coût de production plus élevé » complète le président Pierre Combat, également vigneron à Crozes-Hermitage. Nous avons besoin de la reconnaissance de ce handicap pour une promotion spécifique et pour bénéficier d’aides européennes supplémentaires, ne serait-ce que pour éviter que ces paysages à forte pente ne soient envahis par les friches, pour ne pas laisser se dégrader les murets qui évitent les éboulements… et par voie de conséquence qu’ils n’attirent plus les touristes ». D’où un besoin de reconnaissance à l’instar des vignobles du Douro et des Coteaux Champenois. La colline de l’Hermitage est d’ailleurs à l’étude pour une demande de classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Autres projets en cours : la mise en place d’un concept de train pour la communication. L’Œnothéque bénéficie déjà d’outils comme un site internet www.loenotheque-lesite.com , des brochures, une présentation vidéo… Elle pourrait également d’ici fin 2018 ouvrir un espace dédié dans le cadre de la Cité gastronomique de Lyon assortie d’expositions temporaires dans les commerces environnants, et à terme d’une boutique de vente de vin et d’un office du tourisme. « Le projet s’inscrit dans le vaste projet de la région de développer l’œnotourisme via Lyon avec l’objectif d’augmenter le nombre de nuitées dans le secteur, la plupart des vignobles étant à moins d’1h30 en voiture de la capitale lyonnaise, et en s’appuyant sur des démarches comme les Labels Vignobles & Découvertes » précise Pierre Combat. La péréquation des moyens devrait également permettre à des vignobles moins valorisés que Côte Rôtie et Condrieu de les mettre en lumière comme le Bugey, les coteaux de Clairette de Die, Beaujolais, Savoie, Côtes d’Auvergne ou d’Urfée…