(Photo F. Hermine)
(Photo F. Hermine)

Palette s’offre une cure de jouvence au Journal Officiel avec quelques modifications de cépages au cahier des charges et surtout l’autorisation désormais officielle de porter sur l’étiquette Vin de Provence.

Le changement n’est pas anecdotique : les vins de Palette peuvent désormais apposer sur l’étiquette « Vin de Provence », une mention qui a longtemps fait débat. Elle figure pourtant depuis 1890 sur la bouteille du Château Simone, à l’origine de l’appellation mais le syndicat des Côtes-de-Provence avait, au début des années 2000, contesté son utilisation, Palette ne faisant pas partie de l’interprofession des vins de Provence. « Après une ‘discussion courtoise’ aidée par l’Inao, nous avons pu démontrer que nous étions en côtes-de-provence avant la création de l’AOC Palette en 1948 et dans l’aire géographique des côtes-de-provence, au sud-est d’Aix-en-Provence » explique Jean-François Rougier du Château Simone, également président de l’AOC. L’accord vient donc d’être entériné pour toute l’appellation qui comprend seulement 4 domaines (Châteaux Simone, Crémade, Henri Bonnaud et Meyreuil qui vient d’être repris par un jeune vigneron bourguignon). L’aire d’appellation s’étend sur une partie de trois communes des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence, Meyreuil et le Tholonet, avec total, près de 48 ha en production dont 23 pour le seul Château Simone.

Disparus la panse du roi René et le petit brun

Le cahier des charges a également été rafraîchi côté cépages avec quelques ajustements comme la suppression du petit brun aujourd’hui disparu ou de synonymes comme la panse-muscade ou panse du roi René, en fait le muscat d’Alexandrie). « Mon père était un traditionaliste provençal qui à la naissance de l’appellation a voulu conserver un maximum de cépages, certaines parcelles ayant plus de 130 ans », se souvient René Rougier, le père de Jean-François. L’appellation comprend plus d’une vingtaine de cépages dont 15 uniquement pour les blanc même si la clairette représente 15% de l’encépagement. La couleur représente 40% de l’appellation (une bouteille sur deux au Château Simone) ; le rouge également 40% et le rosé 20%, principalement en grenache (la moitié de l’encépagement rouge-rosé), mourvèdre et cinsault. « Aujourd’hui, on replante surtout de la clairette et aussi du bourboulenc dont le côté citronné apporte vivacité et acidité et peut atténuer une certaine mollesse de la clairette, précise René Rougier. Et nous sommes aussi très attachés au mourvèdre, les vieux pieds ont même participé à la renaissance du bandol ».