(Photo JM Cazes)
(Photo JM Cazes)

Nicolas Labenne, directeur technique des vignobles médocains JM Cazes (Château Lynch-Bages et Château Ormes de Pez), a donné le départ pour les vendanges du millésime 2018. Entretien.

Vous attaquez les blancs, comment se présentent ces vendanges ?
On attaque plus tôt que prévu grâce à un été particulièrement généreux en termes d’ensoleillement et de température. Vis-à-vis de la date de floraison, on a gagné une semaine de précocité. Ce sera la même chose sur les rouges. On pensait vendanger les blancs après le Marathon, c’est-à-dire le 10 et en fait nous avons commencé le 5. Pour les rouges, au lieu du 24, ce sera autour du 18.

Vos voisins sont-ils aussi sur les starting-blocks ?
Tout à fait, certains ont même commencé la semaine dernière comme à Mouton-Rothschild et même à Tronquoy-Lalande où des tris ont été opérés dès le 23 ou 24 août. Lagrange et Talbot sont dans le même timing que nous. Je pense que la semaine prochaine, les blancs seront terminés dans le Médoc.

La tension et la fraîcheur seront-elles au rendez-vous ?
A la sortie de l’été, les conditions étaient plutôt stressantes d’un point de vue hydrique. Donc ça se traduit par des acidités assez faibles et des degrés aussi plutôt en dessous de la normale. Mais ce blocage a été compensé par les 20 millimètres de pluie qui sont tombés la semaine dernière, dans la nuit du 27 au 28 pour être exact. Les degrés sont remontés et on pourra travailler sur l’acidité durant la fermentation.

Dans les grandes lignes, comment décrivez-vous le millésime 2018 ?
C’est un peu tôt pour le dire mais le volume de récolte est abondant, c’est-à-dire entre 50 et 55 hectolitres par hectare. Les jus sont très nets, l’état sanitaire est exceptionnel, on l’observe notamment sur la muscadelle qui est un cépage très sensible au botrytis. Nous avons maîtrisé le mildiou qui a pu faire des ravages cette année.

Quelle est la production du blanc à Lynch Bages ?
Le premier millésime est le 1990 même si la famille Cazes en produisait auparavant pour sa propre consommation. Le blanc de Lynch Bages fait partie des pionniers dans le Médoc. Aujourd’hui, on a un peu plus de 7 hectares pour 60% de sauvignon, 25% de sémillon et 15% de muscadelle. C’est d’ailleurs l’assemblage que l’on retrouve dans la bouteille si ce n’est quelques lots déclassés parfois.

Quelle signature recherchez-vous ?
Notre vignoble a la particularité d’être à l’ouest, proche de l’estuaire, sur un sol argilo-calcaire avec un entourage forestier. C’est plus frais, idéal pour faire des blancs fruités, énergiques avec une très belle acidité. Nous sommes sur un style aérien, des fruits exotiques et un caractère floral. Le vin est élevé sur lies fines au deux tiers en barriques – 50% de barriques neuves – et nous conseillons de le consommer dans les 3 ans. Le tout à l’abri de l’oxygène.