Un coup de fil, « et si pour la Coupe du Monde on dégustait 98 ? »
Diane Losfelt y croit, elle a une envie folle et un enthousiasme sans faille pour ses vins du château de l’Engarran, posé en majesté à l’entrée du village de Lavérune aux portes de Montpellier. Ses cuvées sont en appellation coteaux du Languedoc, Grés de Montpellier, en label Pays d’Oc, sur le terroir historique de Saint-Georges d’Orques…

C’est ainsi que j’ai trouvé, il y quelques jours, entreposés dans la cave du journal, un carton dont l’ouverture a révélé une noble poussière…

Château de l’Engarran, 1998 : robe acajou très limpide, très jolie palette complexe mêlant framboise, humus, cigare, tanins de dentelle et ligne acidulée autant étonnante que rafraîchissante. (44% de syrah, 32% Carignan, déjà à cette époque en macération carbonique, 14% grenache, 10% cinsault, un élevage en foudres pour cette cuvée qui est aujourd’hui en Grés de Montpellier)

Château de l’Engarran, Cuvée Sainte Cécile, 1998 : robe ambrée soutenue, très limpide, nez de cerises à l’eau de vie, attaque vive, notes d’épices, de curry et de curcuma, le vin surprend par sa tonicité, sa fraicheur… (35%carignan, 28 cinsault, 23 grenache et 14% syrah, estampillée aujourd’hui AOC Languedoc)

Domaine de l’Engarran, vin de Pays d’Oc, 1998 : robe acajou légèrement trouble, il faut l’aérer quelques minutes pour qu’il nous livre de fins effluves de cuir, de tourbe, de fruits confits macérés au rhum. Gagne en puissance au fil de la dégustation, c’est un robuste terrien à l’arête acide bien marquée (38% syrah, 35% Carignan, +10% en macération carbonique, 17% cinsault, élevage en barrique pour un tiers, cette cuvée s’appelle aujourd’hui La Lionne, déjà présente sur l’étiquette). Un premier millésime.

Château de L’Engarran, cuvée Quetton Saint Georges, 1998 : très belle robe entre le rubis et l’ambre, profonde, premier nez sanguin et fruité (toujours la framboise), très expressif, très appétissant, vient ensuite un bouquet épicé, complexe. Attaque franche, voire explosive, les arômes tertiaires bataillent avec le fruit, les tanins, nombreux et fondus soutiennent encore la bouche, veloutée et acidulée. Finale longue, très nette. Bluffant ! (sélection parcellaire, 75% syrah, 25 grenache, 16 mois de barriques pour la moitié de la cuvée qui revendique aujourd’hui le terroir de Saint Georges d’Orques)

Folie de l’Engarran, 1998 :
Moût de raisins partiellement fermentés issus de raisins passerillés : quelle surprise, robe éclatante, vieil or, nez pâtissier embaumant la pâte d’amande, la gâteau à la fleur d’oranger, massepain, pudding, bouche extraordinaire : attaque haute, fruits secs et épices douces à l’envie, texture soyeuse, étirée…exceptionnel ! Ce 100% sauvignon était le premier essai de Diane Losfelt en « doux ». C’est vraiment une combinaison cépage/terroir troublante, le sol très limoneux transforme l’expression variétale, impossible d’identifier le cépage, séduction garantie.

Alors, prêts pour le match ?