(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Avec une très belle qualité et des quantités dans la moyenne, les vignerons de Provence se félicitent du millésime 2019.

“Si le millésime est quantitativement moyen, il est qualitativement très bon avec de beaux éclats sur la couleur, et les caves s’accordent sur ce consensus” commente Gilles Masson, directeur du centre du rosé. En octobre, selon les chiffres du Ministère de l’Agriculture, la production viticole de Provence-Alpes-Côte d’Azur est estimée à près de 3,9 M hl, soit une hausse de près de 3% par rapport à 2018 mais en retrait de 3,5% comparé à la moyenne quinquennale. Les chiffres de production sont plus élevés pour les AOP (+5,4% pour 2,7 M hl). Les Bouches-du-Rhône semblent avoir davantage souffert des conditions climatiques tandis que le Var, malgré le stress hydrique et quelques épisodes de grêle cet été sur certains secteurs du Centre-Var, s’est maintenu à un bon niveau, surtout grâce à une dérogation d’irrigation de l’Inao pour les Côtes-de-Provence.

Vendanges étalées

“La majorité des secteurs en Provence ont bénéficié de pluies bienfaitrices en août et de vendanges effectuées dans d’excellentes conditions sans pression de la météo, ce qui a permis d’attendre la maturité optimum pour chaque cépage”, estime Gilles Masson. Peu de pression sanitaire donc et pas de pression météo pendant les vendanges qui ont ainsi pu être étalées en fonction des maturités de chaque cepage (15 à 20% de temps en plus). “On ne peut pas nier les fortes contraintes hydriques jusqu’à là mi-août mais nous avons été surpris par la capacité d’adaptation de la vigne (hormis pour les jeunes plantations qui ont peiné un peu plus), les vignerons ayant appris à enlever du raisin pour lui faciliter la tâche. Le grenache est classique malgré quelques coulures, en particulier dans les Bouches-du-Rhône, la syrah généreuse, le rolle typique mais un peu avare en production et la belle surprise est venue du cinsault qu’on a su attendre”. Eric Pastorino, président des Côtes-de-Provence, modère : “Ça n’est hélas qu’une récolte moyenne et nous n’avons pas de stocks et donc pas de marge de manœuvre. Il faut donc rester prudent en espérant bientôt une récolte plus abondante”.

Laurence Berlemont du Cabinet d’Agronomie Provençale a également constaté “une belle qualité et de belles maturités, encore plus en rouge. Il n’y a rien à trier cette année mais on enregistre en moyenne 20% de récolte en moins à cause de la sécheresse du début d’été”. L’œnologue reconnaît néanmoins ne jamais avoir vu en 25 ans de telles brûlures sur feuilles et sur grappes, souvent à cause des traitements de soufre en pleine chaleur dans les domaines en bio. “Mais c’était une année facile en bio et au global, cette récolte est un rêve d’œnologue : on passe, on goûte et c’est bon”.