L’honorable maison ligérienne plus que centenaire offre une vision de plus en plus précise des vins de Loire et s’associe à de beaux événements.

On ne peut que se réjouir du dynamisme actuel dans la Loire. Nombre de jeunes vignerons apportent un vent de fraîcheur sur de nombreuses appellations et contribuent à élever le niveau qualitatif global de ce vignoble. Dans ce tourbillon, la maison Langlois-Château est toutefois loin d’être une spectatrice passive. Riche d’une histoire de 130 ans, cette maison, dans le giron du groupe Bollinger depuis plus de 40 ans (1973), exploite aujourd’hui 71 hectares de vignes et est également associée à des vignerons de talent. Cela lui permet d’avoir une gamme d’appellations large, de Saumur au Muscadet, de Sancerre à Saumur-Champigny. Sans oublier évidemment le crémant qui assure plus de la moitié de la production (60%). Une proportion croissante qui s’accompagne de la volonté d’élever encore la qualité des vins produits. Celle-ci passait déjà par des achats de raisins entiers et non de moûts voire de vins clairs, des pressurages relativement doux et un tri « à la champenoise » entre les tailles et les cuvées. François-Régis de Fougeroux, directeur général de Langlois-Château, réaffirme sa volonté de « développer des parcelles entièrement dédiées à la production de crémant ». Cette vision passe par « l’acquisition ou la location d’une vingtaine d’hectares supplémentaires « sur des terroirs qui ont déjà été identifiés à cet effet. A suivre de près quand on sait que la maison offre déjà des cuvées de belle facture, du crémant de Loire brut à dominance de chenin (12, 75€) à la cuvée quadrille millésimée (20, 55 €) qui fait particulièrement bonne figure face à certaines cousines champenoises.

Des vins précis et de belles voitures

La gamme de vins produits réserve d’agréables surprises, avec des bouteilles qui expriment avec justesse leurs terroirs. Il faut dire que la maison dispose de parcelles très bien situées, à l’image du clos breton (voisin du célèbre Clos Rougeard) et des Poyeux pour ne parler que du Saumur-Champigny vieilles vignes. La dégustation du 2013, millésime pourtant particulièrement difficile dans la Loire, révèle un fruité délicat, gourmand et une matière non dénuée de densité. Les blancs ne sont pas en reste à l’image du Saumur vieilles vignes. Un 100% chenin à l’intensité aromatique tout simplement impressionnante, portée par une trame florale entêtante. La bouche est dense mais sans exubérance, un trait de caractère que l’on doit en partie aux vignes de 60 ans qui entrent dans son élaboration. Et que dire du « Coteaux de Saumur » 2010 (37 € les 50 cl) ? Un liquoreux produit uniquement dans les grandes années, au toucher de bouche extrêmement délicat et à la liqueur raffinée. Une bouteille excessivement digeste, à la longévité qui fera date et qui procure une grande émotion de dégustation. Rien de surprenant à voir alors que Langlois-Château s’est associée à de prestigieux événements. Partenaire de longue date du cadre noir de Saumur, la maison explore d’autres horizons que l’équitation avec le monde des vieilles automobiles. Ses cuvées accompagnent ainsi depuis 2008 le Tour auto ainsi que la course du Mans Classic. Une preuve s’il en fallait que les fines bulles de Loire portent, elles aussi, une certaine idée de l’élégance, en accord parfait avec les sublimes carrosseries de ces rassemblements mécaniques.