Hervé Berland, Château Montrose (photo Laurent Theillet)
Hervé Berland, Château Montrose (photo Laurent Theillet)

Le 2e grand cru classé de Saint-Estèphe a amplement amorcé sa conversion vers le bio, avec 45% de son vignoble exploité en bio jusqu’au millésime 2017, 65% à partir de 2018, et un objectif de l’intégralité de sa centaine d’hectares au plus tard en 2019. 2017 a-t-il été plus périlleux en bio qu’en conventionnel ? Réponse d’Hervé Berland, le gérant de la propriété.

« Bio ou pas bio en 2017, on n’a pas vu d’incidence sur ce millésime, affirme Hervé Berland. La qualité des baies est au moins aussi belle, avec à la clé d’aussi bons vins. Notre objectif ultime c’est bien sûr de faire en bio de meilleurs fruits et de meilleurs vins. Plus on avance dans la conversion, plus on se rend compte qu’on est surtout aidés par notre micro-climat, qui nous a notamment totalement protégés du gel cette année. Deux choses sont importantes pour que le bio fonctionne. D’abord, il faut des terroirs secs et bien ventilés, comme nos terroirs de graves profondes, avec un drainage naturel très performant qui élimine toute une partie de l’excédent d’eau. Ensuite, il faut une ventilation permanente, comme celle amenée sur notre terroir par le vent qui chasse perpétuellement l’excès d’humidité. On n’est jamais embêtés gravement par des attaques de botrytis ou de mildiou à l’époque des vendanges.”

Quel profil pour ce Montrose 2017 ? « Un profil qui nous ramène vers le grand classicisme bordelais, des vins équilibrés, avec pas trop d’alcool (13,5°). C’est un millésime de grands cabernets sauvignons, présents à hauteur 76% dans l’assemblage » expose Hervé Berland. « Ce 2017 n’a pas le côté séduisant des 2016, qui avaient des tanins plus ronds et sexy. Il est plus droit, mais ne manque pas de fruit, bien au contraire. Ça me rappelle beaucoup 2015, et des choses qu’on a pu observer dans les toutes premières dégustations des 2010. Aujourd’hui, quand on goûte des 2010, ils se sont arrondis, mais en primeur, il était difficile de convaincre les gens qu’on tenait un grand millésime. Ils étaient restés sur la séduction totale du 2009, très solaire, là où 2010 l’était moins. C’est la même chose pour 2016 et 2017. L’été 2017 n’a pas été très ensoleillé, il a été plutôt tempéré en températures et ensoleillement. Il a par contre été extrêmement sec, ce qui a permis une maturité optimale des cabernets sauvignons, qui sont selon moi plus expressifs sur du moyen terme dans des années un peu moins solaires. »