Malgré la pluie qui tombe sur Bordeaux, les premiers visiteurs sont venus en nombre pour découvrir la Cité du Vin dès son premier jour d’ouverture. Les premières réactions du grand public s’avèrent globalement enthousiastes.

Après l’effervescence d’hier, journée d’inauguration en présence de François Hollande et Alain Juppé (entre autres personnalités), la pression est un tout petit peu retombée aujourd’hui au sein des équipes de la Cité du Vin. Ce matin, l’impatience était néanmoins palpable lorsque, dès 9h30 et malgré la pluie qui sévit sur Bordeaux, les premiers visiteurs ont commencé à découvrir l’intérieur de l’édifice. S’il est trop tôt pour communiquer les premiers chiffres de fréquentation, les estimations de la mi-journée étaient très positives. Si la tendance se confirme, le mois de juin (qui s’annonce riche en potentiel touristique, entre l’Euro et Bordeaux Fête le Vin notamment) devrait confirmer la curiosité du grand public.

Une cave aux trésors et un Parcours Permanent enthousiasmant

Au rez-de-chaussée, les visiteurs qui peuvent venir en libre accès découvrir la somptueuse cave Latitude 20 (une vraie caverne aux trésors avec des vins de 80 pays, 800 références et 14 000 bouteilles) s’enthousiasment d’abord devant la qualité et la variété de l’offre : « c’est fabuleux de découvrir un tel choix de vins du monde entier », déclarent deux amis bordelais intrigués par la forme originale d’une bouteille de moelleux du Pays Basque espagnol. « Cette cave est une vraie invitation à s’ouvrir sur le monde, et surtout, elle est esthétiquement magnifique ». Laurent Karst, le designer qui a conçu l’environnement de la cave, mais aussi du bar à vins du rez-de-chaussée et du restaurant du 7ème étage, est lui aussi présent pour recueillir les premières impressions des visiteurs : « c’est la première fois que je vois le travail terminé, je suis très heureux de voir le résultat après 2 ans de travail. J’ai voulu donner à ces lieux une dimension élégante et intemporelle, en travaillant de belles matières, en me basant sur des formes circulaires très présentes dans l’univers du vin ». Les luminaires en forme de verres japonais inversés, conçus par l’agence québécoise Contraste, ajoutent au cachet du lieu. Le public, curieux, utilise les tablettes tactiles pour découvrir les références les plus inattendues (vins de Tahiti ou d’Ethiopie…), et s’offre une part de rêve en lorgnant les bouteilles de Petrus, Latour, Romanée-Conti, Opus One ou Vega Sicilia qui trônent sous paroi vitrée.

Toujours au rez-de-chaussée, une famille se présente au comptoir de l’Office de Tourisme de Bordeaux pour se renseigner pour les Routes du Vin de Bordeaux qui se déploient au départ de la Cité (voir « Terre de Vins » hors-série, en kiosques aujourd’hui). Mais ce sont dans les étages supérieurs que l’on sent l’émerveillement des visiteurs, qui découvrent le Parcours Permanent, armés de leur compagnon de visite interactif. Ludiques et interactifs, les différents espaces déclinent des univers et thématiques différents, pour le plus grand plaisir des visiteurs venus de monde entier, de l’Asie aux États-Unis. Le « Buffet des 5 sens », qui invite à repérer les arômes, les couleurs et les textures du vin, rencontre notamment un franc succès, tout comme la plongée dans l’histoire du vin, une déambulation de la Mésopotamie au XXème siècle, à travers les Civilisations qui ont façonné le vin.

Des visiteurs venus de loin et parfois célèbres

Des visiteurs suisses en vacances dans le Sud-Ouest, passés par Biarritz et curieux de découvrir cette fameuse Cité dont ils entendaient parler depuis des mois, ne boudent pas leur plaisir : « c’est superbe et passionnant ! » Au niveau du belvédère offrant une vue spectaculaire sur Bordeaux, les visiteurs savourent un verre de vin, choisi parmi de nombreuses références internationales. Un couple de retraités bretons, venus pour la première fois à Bordeaux, salue la réussite de la Cité, « même si toute cette technologie et ces écrans tactiles peuvent parfois désarçonner les gens de notre génération. En tout cas, c’est magnifique ! » concluent-ils en savourant un verre de loupiac (moelleux du Bordelais) et… un rouge de Serbie. Arrivés de moins loin (ils sont du quartier), Christian et Jonathan sont venus, en père et fils, profiter de cette première journée. « On a passé 2 heures dans le Parcours Permanent, on a adoré l’esthétisme du lieu et l’aspect sensoriel, la scénographie est vraiment excellente », déclarent-ils en goûtant un auxerrois de Moselle et… un vin mystère servi à l’aveugle par le serveur.

C’est ça aussi, la Cité du Vin, : un lieu pédagogique, culturel, mais surtout convivial, comme en atteste le succès du restaurant panoramique, le 7, qui fait salle comble à midi. Sylvie Cazes, présidente de la Fondation de la Cité du Vin, y savoure un moment de répit bien mérité en compagnie du journaliste Claude Sérillon. D’autres professionnels du vin sont également venus en simples visiteurs pour ce premier jour, comme Jean Merlaut du château Gruaud-Larose (grand cru classé de Saint-Julien) ou Alfredo Ruiz du château Fonchereau. Tous font partie des quelque 450 000 visiteurs qui sont attendus, désormais, chaque année à la Cité.