(photo Marion Lefebvre)
(photo Marion Lefebvre)

J-4 avant l’ouverture de la Cité du Vin à Bordeaux. Pour accompagner cet événement, « Terre de Vins » a concocté un numéro hors-série qui sortira en kiosques le 1er juin. Chaque jour, nous vous proposons des extraits exclusifs de ce numéro. Aujourd’hui, morceaux choisis de notre entretien avec les architectes de la Cité, Anouk Legendre et Nicolas Desmazières (Agence XTU).

Quand vous parlez du lieu, vous employez fréquemment le mot cathédrale…
Non, on ne le revendique pas, ce sont les visiteurs du chantier qui ont rapporté cette impression, et nous aussi d’ailleurs. Cela fait référence à la charpente, à son aspect impressionnant quand elle a été posée. Il y a sous la charpente, une sensation d’espace, de hauteur, de plénitude qui a évoqué cette idée de cathédrale. Avec l’apparition des éléments scénographiques les choses se mettent en place différemment et créent une autre expérience.

Quelle est votre sensation quand vous découvrez le site ?
Dès que nous avons pris connaissance du dossier, on a compris que c’était un projet fort, dans un environnement urbain fort avec les Bassins à flot. […] On l’a encore plus ressenti lors d’une croisière fluviale entre le centre ville et le site de la Cité. […] La forme du projet, son ambiance, sa couleur viennent de cette sensation du lieu qui est lui-même changeant. Et nous avons conçu le bâtiment pour que son aspect varie selon les saisons, la météo, l’éclairage, l’orientation du visiteur. On ne le percevra pas toujours de la même façon. Dans le vin il y a cela aussi, cette variabilité insaisissable suivant les personnes, les lieux.

XTU est très sensible à l’environnement. Pour la Cité du vin aussi, vous en avez tenu compte ?
Le développement durable appartient à l’ADN de l’agence. A chaque nouveau projet, on essaie d’avancer dans ce domaine. La situation en bord du fleuve nous a vraiment séduits. […] C’est tout un écosystème assez fascinant. Le bâtiment prend évidemment en compte ce qui relève de l’économie d’énergie et de l’isolation. Et les arbres lui fabriquent un ombrage naturel.

Avant ce projet de Cité du vin, quelle était votre relation avec le vin ?
Une relation de plaisir bien sûr, d’amateurs sans être des connaisseurs. Quand on a su qu’on était choisis pour le projet, on a rencontré beaucoup de professionnels du vin pour qu’ils nous parlent de leur passion. On a été sensible à leur langage, à leurs mots, qui révèlent un univers poétique. Et puis on a goûté, bien sûr. La robe du bâtiment, « avec, ou sans coutures », se révèle en fait comme le vin, elle vient des mots des vignerons. Et le bâtiment se révèle dans ce mouvement tournant, dans ses reflets changeants, parce ce n’est jamais tout à fait clair quand on goûte un vin, c’est toujours un peu mystérieux.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans « Terre de Vins » hors-série Cité du Vin, en kiosques le 1er juin. Suivez ce lien pour vous abonner.