Hier, à Saint-Julien-Beychevelle, la Fête de la Fleur, événement très couru, a clôturé en beauté le salon Vinexpo 2013. Malgré le mauvais temps, la soirée était grandiose.

Smoking et robe de soirée étaient de sortie hier pour la Fête de la fleur, moment fort de la vie viticole bordelaise, qui a réuni au château Lagrange (AOC Saint-Julien) 1 500 professionnels du monde entier. Organisée par la Commanderie du Bontemps, association présidée par Emmanuel Cruse, cette fête célèbre la floraison de la vigne, moment clef déterminant la quantité et la qualité du millésime récolté l’automne suivant. Mais cette année, avec les trombes d’eau tombées dans la région, autant dire que la floraison du futur bébé 2013 ne se passe pas dans les meilleures conditions.

Mais hier, les invités avaient surtout envie de faire la fête. Le salon Vinexpo 2013 s’est révélé un joli cru, ce qui est bon pour le moral et les affaires, et le groupe japonais Suntory, propriétaire du château depuis trente ans, a fait les choses en grand. La cuisine du chef étoilé parisien Frédéric Simonin, mise en musique par le traiteur bordelais Monblanc et ses 200 serveurs, et bien sûr de grandes bouteilles servies à table par 80 maîtres de chai de différents châteaux du Médoc, des Graves ou du Sauternais. Le principe de cette fête est simple : vignerons et négociants membres de la Commanderie invitent clients, prospects, amis et autres relations pour un moment d’exception. Et ce, au prix de 500 euros par personne cette année. Pour des raisons de sécurité, le nombre de 1 500 invités est un maximum alors que les demandes – surtout les années où a lieu Vinexpo explosent.

La soirée a commencé par de nombreuses intronisations pendant l’apéritif, qui a été quelque peu arrosé. Le dîner s’est ensuite poursuivi à l’abri dans les chais. Le menu était le suivant : homard avec Château de Fieuzal 2010 ; suivi de bœuf d’Aquitaine et pommes fondantes avec Château Lafon-Rochet 2003 et Château Lagrange 1995 ; tomme de brebis des Pyrénées avec Château Lafite Rothschild 1990 ; et en dessert une opaline de sucre léger avec Château Suduiraut 2001.

César Compadre (source)

A noter qu’hier, en marge de la Fête de la Fleur, nos confrères de Sud-Ouest annonçaient qu’un négociant éconduit a décidé d’assigner le grand maître de la Commanderie du Bontemps, Emmanuel Cruse, devant le tribunal de grande instance de Bordeaux. Comme tous les ans, note Sud-Ouest, il pensait avoir valablement réservé une table qui lui a finalement été refusée. Il estime que cela est préjudiciable pour ses affaires. […] Son avocat demande donc réparation au tribunal et chiffre le montant à 500 000 euros. Une réaction qu’Emmanuel Cruse juge « irrationnelle : c’est complètement en décalage avec l’esprit de la Commanderie du Bontemps ».