Avec la fin des vendanges, viennent les fêtes qui la célèbrent. Banyuls a vécu sa 21ème Fête des Vendanges du 5 au 9 octobre avec son succès habituel. L’appellation Banyuls fêtait cette année son 80ème anniversaire : elle fait partie des premières AOC de France, nées en 1936. Les producteurs n’ont pas manqué de marquer le coup, dont le domaine Vial-Magnères, avec une verticale de Banyuls Blanc.

Le public a répondu présent à l’invitation des vignerons de Banyuls et la fréquentation n’a pas démenti le succès de longue date de la Fête des Vendanges. La grillade sur la plage, le débarquement des comportes de raisins apportées par la mer en barque catalane, les dégustations, animations, concerts et danses ont animé la Lumineuse cinq jours durant.

On fête à Banyuls les vins de trois dénominations qui cohabitent avec bonheur sur la même aire délimitée : l’AOC Banyuls regroupe les Vins Doux Naturels (Grand Cru, Traditionnel, Ambré, Rimage, Blanc et Rosé), l’AOC Collioure, les vins secs (rouge, rosé et blanc) et l’IGP de la Côte Vermeille pour les monocépages et les assemblages qui n’entrent pas dans le cadre de l’AOC Collioure. Mais la star des cinq jours de fête reste le Banyuls, le vin doux, donc, dans toutes ses expressions.

Le domaine Vial-Magnères a choisi de fêter, avec les 80 ans de l’appellation, 30 ans de production de Banyuls blanc. Le domaine Vial-Magnères est une propriété familiale qui s’est transmise de beau-père en gendre sur trois générations : Bernard Saperas était arrivé au domaine en 1985, gendre de Gaby Vial qui avait lui-même pris la succession de son beau-père André Magnères.
Alors que le domaine produisait des vins doux rouges tuilés, Bernard Saperas a initié dès 1986 la production de Banyuls blanc qu’il aimait à appeler « sa carte de visite ».
Avec cette verticale, l’anniversaire de la cuvée se doublait d’un hommage à son créateur, disparu brusquement pendant les vendanges 2013. Appelée Rivage, elle est produite à base de grenaches blanc et gris situés en bord de mer. Elle se décline en ambré, après un élevage oxydatif qui le pare de notes de noix et d’amandes, ou reste blanc, sur son fruit frais.

Laurent Dal Zovo, arrivé juste avant l’été aux commandes du domaine aux côtés d’Olivier et Chrystel Saperas, confie s’être régalé durant cette verticale où la surprise était à chaque coin de verre : « en ouverture, nous avons croqué la fraîcheur du millésime à la vente, le 2012 et sa palette intense et riche de fruit frais, de fleurs blanches, des agrumes sur une fin de bouche aérienne.
Ensuite, je ne me suis jamais retrouvé devant le vin que j’attendais compte-tenu du caractère du millésime. En 2003, année de la canicule, le vin n’avait rien de chaud ou de sec, mais des notes matures complexes, proches de vins de voile (comme le Vin Jaune du Jura ou le Fino de Jerez), une bouche harmonieuse, sans exubérance. En 1997, année pléthorique, je m’attendais à un vin souple et léger, j’ai goûté un vin généreux, riche de notes gourmandes de brioche et de caramel.

Dégustation

Les coups de cœur étaient partagés entre 2009 (riche et équilibré avec une vaste palette aromatique et des notes de vieil armagnac) et 1990 (profond et complexe, où l’évolution avait encore franchi un pas). » La dégustation s’est terminée sur le 1987, deuxième millésime produit par Bernard Saperas, un moment d’émotion humaine doublé d’une découverte gustative dans l’alliance des notes de cire d’abeille, de caramel au beurre salé et de fruit à l’alcool.

Pour ceux qui ne croient pas au potentiel de vieillissement des vins doux sur le fruit, cette verticale a apporté un démenti tout en gourmandise et en complexité ! Idée cadeau et découverte : le domaine a toujours tous les millésimes produits depuis 1986 à la vente sur demande.