Décidément le millésime 2018 est très compliqué à Bordeaux et ailleurs. Après les attaques virulentes de mildiou qui auront des répercussions sur les quantités, c’est au tour, une nouvelle fois, de la grêle de venir ajouter du stress aux vignerons.

Mercredi, en milieu d’après-midi, le vignoble de Castillon a été surpris par un orage important. D’un seul coup le ciel s’est assombri laissant penser au pire.
« L’orage a traversé Saint-Émilion d’ouest en est, il y a eu très peu de grêlons, mais sur Castillon il s’est déversé au niveau de Saint-Magne puis sur le plateau de Sainte-Colombe et Belvès », explique Yann Todeschini de Château Mangot en appellation Saint-Emilion à Saint-Etienne-de-Lisse et Château La Brande en appellation Castillon-Côtes de Bordeaux.

« C’était de la petite grêle vicieuse », ajoute-t-il pour définir la taille des grêlons. « Nous sommes touchés à hauteur de 5 à 15% sur la surface sans que nous puissions encore évaluer les dégâts en termes quantitatifs ». En effet, les stratégies viticoles risquent de jouer un rôle important dans l’impact de cet orage de grêle. Pour les personnes qui ont choisi un effeuillage, comme Château Mangot, il est fort possible que les dégâts soient plus importants, car les baies sont à la merci des grêlons. Pour les autres, leur relative petitesse pourrait ne pas avoir impacté le millésime. Pour l’heure, les constats sont difficiles, car il est « tombé près de 25 millimètres d’eau hier, 10 millimètres supplémentaires ce matin et presque 10 millimètres à midi » constate Yann Todeschini.

Sans minimiser l’impact de la situation, cet orage de grêle n’a « rien à voir avec celui de 2013 et reste bien moins important que celui vécu par nos amis de Bourg et de Blaye » concède fataliste Yann Todeschini.