Les vignobles Sud Ardèche viennent d’obtenir leur labellisation « Vignobles et Découvertes ». L’occasion de s’intéresser à une région viticole passionnante et pleine d’avenir.

« Après un an de travail, nous avons réussi à obtenir le label « Vignobles et Découvertes » auprès d’Atout France pour nos vignobles ardéchois méridionaux ». C’est non sans fierté que Cyril Jaquin, président de l’association 2000 Vins d’Ardèche, évoque cette mise en lumière méritée d’un vignoble encore méconnu. Très fréquentée en été avec ses sites touristiques stars que sont les gorges de l’Ardèche ou la grotte Chauvet, cette région souffre encore le reste de l’année d’un manque de visibilité auprès des touristes. Mais ce récent label devrait bouleverser tout cela. Il associe en effet les vignerons mais aussi les différents acteurs locaux tels que les offices du tourisme et les restaurateurs qui s’engagent à proposer une part importante de vins locaux sur leur carte. Ou comment avoir un avant-goût de la diversité et de la qualité des vins de cette région s’étendant des Cévennes à la vallée du Rhône.

Des expériences originales

Une fois les papilles titillées dans l’une des bonnes tables de la région, le visiteur curieux aura alors le choix pour découvrir le vignoble du sud de l’Ardèche. Et pourquoi ne pas partir à la recherche des 54 hectares de chatus, ce cépage local déjà mentionné en 1599 par Olivier de Serres ? Une fierté qui avait presque totalement disparu avec le phylloxéra à la fin du XIXème siècle mais qu’une poignée de vignerons passionnés a décidé de faire renaître au début des années 1990. Et ce en dépit de sa difficulté à être cultivé. Mais avec sa maturité tardive (mi-octobre), il s’avère parfaitement armé aujourd’hui pour affronter un climat globalement plus chaud et sec. Direction donc le domaine du Grangeon pour déguster sa cuvée Chatus 2014 (14€), un 100% chatus en IGP ardèche produit à 230 mètres d’altitude. Un vin charmeur au fruité gourmand, doté d’une matière dense mais veloutée. Le tout avec beaucoup de fraîcheur grâce à la grande acidité du cépage. Si ce dernier vous a séduit, alors il vous faudra aller ensuite au domaine Benoît Salel et Elise Renaud. Leur cuvée monocépage « le temps qui reste 2014 » (16€) est d’un équilibre superbe, le chatus montrant encore ici tout son potentiel pour des vins structurés, denses mais particulièrement digestes. Une quête à mener à pied, en suivant notamment le sentier vigneron à Lablachère, ou en voiture, guidés par des vignerons de la cave coopérative la cévenole.