Laurent Dufau, Château Calon Ségur.
Laurent Dufau, Château Calon Ségur.

Le petit-déjeuner de la filière viti-vinicole (gratuit) organisé par « Terre de Vins » et le CIVB, en partenariat avec le Crédit Agricole d’Aquitaine, est de retour une nouvelle fois à la Cité du Vin (Bordeaux) le jeudi 23 mars à 9h, avec un focus sur le système des primeurs bordelais.

Chaque année, la semaine des primeurs fait inlassablement affluer dans le vignoble bordelais les professionnels de la planète entière (négociants, courtiers, acheteurs, journalistes…), à la découverte du millésime encore nouveau-né. A la veille de cette « grande messe du millésime » (qui aura lieu cette année du 3 au 7 avril), « Terre de Vins » vous donne rendez-vous pour un nouveau petit-déjeuner débat autour de la question « Comment tous profiter des primeurs ? Grands et petits châteaux, grossistes, consommateurs… Comment relancer ce mode d’achat? »

Pour amener leurs arguments lors de cette rencontre co-animée par Rodolphe Wartel (directeur de la publication de Terre de Vins) et Jefferson Desport (journaliste à Sud Ouest), seront présents : Nathalie Despagne (propriétaire du château La Rose Figeac, Pomerol), Laurent Dufau (directeur général du château Calon-Ségur, 3e grand cru classé de Saint-Estèphe), Eric Garrau (directeur du pôle viticulture et grandes entreprises du vin au Crédit Agricole d’Aquitaine), Franck Lederer (directeur général de la maison de négoce Ginestet), et Fabrice Matysiak (acheteur Auchan retail France).

Pour rappel, initié par les grands crus classés dans les années 1970, le système des primeurs consiste en la vente par anticipation d’un vin encore en cours d’élevage, à un prix théoriquement plus avantageux, et qui ne sera livré qu’environ deux ans plus tard. Pierre angulaire de l’économie viticole bordelaise, ce système essuie pourtant de façon récurrente des critiques à chaque campagne primeur.

« Le vrai débat porte sur la santé du système, constate Laurent Dufau (Château Calon-Ségur, photo ci-dessus). S’il doit nécessairement persister car c’est l’un des outils fondamentaux de la Place de Bordeaux, tout ne marche pas pour autant comme il le faudrait. » En cause notamment, la négation de quelques principes essentiels des primeurs. « Un fondamental qui doit être respecté, c’est la promesse de valorisation. Sinon, quel est l’intérêt pour celui qui achète d’immobiliser de l’argent pendant deux ans, à moins qu’il ne s’agisse vraiment d’un produit d’une extrême rareté ? »

Sans parler de désamour pour ce système, Franck Lederer (Ginestet, photo ci-dessous) entend parfaitement que l’intérêt suscité par les primeurs puisse être à géométrie variable d’une année sur l’autre. « Il faut accepter qu’en fonction de l’image des millésimes, c’est plus ou moins excitant pour les clients de prendre une position en primeur. Les clients font des pré-réservations sur des millésimes où ils estiment qu’ils risquent de ne pas avoir le vin s’ils ne l’achètent pas assez tôt, ou que les prix vont fortement augmenter. Quand on n’est pas dans cette configuration-là, il y a naturellement moins d’intérêt à se positionner de bonne heure, sans que ce soit pour autant une remise en cause du système. »

Outre l’intérêt purement économique, les primeurs opèrent indéniablement une spectaculaire mise en lumière sur Bordeaux, dont toutes les propriétés, grands crus ou non se saisissent. « C’est magique, c’est une excellente vitrine pour les vins de Bordeaux. Pendant quatre à six semaines, il y a un énorme focus sur le vignoble bordelais dans le monde entier. Tous les grands opérateurs parlent et pensent Bordeaux » affirme Franck Lederer.

A moins d’un mois de la semaine officielle des primeurs, comment s’annonce la campagne 2017 ? « En prévision du millésime 2016, un certain nombre de nos clients témoignent déjà de l’intérêt pour les primeurs à venir. On est plutôt très optimistes » affirme le DG. Affaire à suivre, donc.

Infos pratiques
La Cité du Vin, 33300 Bordeaux
Entrée gratuite.

8h30 : accueil des invités au Salon Lafayette.

9h : ouverture du débat.

10h30 : clôture du débat.