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Climens de nouveau dans la lumière

Château Climens

Auteur

Michel
Sarrazin

Date

07.12.2023

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Vendu courant 2022 le château Climens, phare de l’appellation barsacaise, 1er Cru Classé 1855 lance une nouvelle gamme de vins accompagnée d'une offre oenotouristique plus étoffée, dans un haut de gamme qui sied à son rang.

Jean-Hubert Moitry avait acquis ce château, avec son épouse Catherine, et en a confié la direction à son frère Jérôme. Un temps d’appropriation fut nécessaire pour comprendre le terroir, les points faibles et les atouts. De ce temps de réflexion, sort d’abord une gamme de vins repensée qui fait la part belle aux blancs secs, avec 4 vins désormais, tous en 100 % sémillon, le cépage emblématique du sauternais.

Les blancs secs : une légitimité bien acquise
Jérôme Moitry se plait à montrer une annonce, publiée en 1903 par un négociant bordelais qui vendait un assortiment de grands crus parmi les plus prestigieux. Dans cet échantillon, Climens apparait avec du blanc sec, preuve de sa grande réputation d’alors. On oublie trop souvent que si le Sauternais brillait avec ses crus classés en 1855, en liquoreux, sa notoriété reposait aussi sur ses blancs secs, au 19ème, au début du 20ème et aujourd’hui grâce à un travail de fond qui remet en lumière ses vins secs contributifs à l’identité du lieu. 

Asphodèle (un lys sauvage qui affectionne les sols calcaires et que l’on trouve sur la propriété) (35 €) est toujours produit. S’ajoute aujourd’hui Lilium (75€), très haut de gamme blanc sec un nom renvoyant lui aussi à la famille des Liliacées. Un vin pur, à l’aromatique subtile qui joue davantage la carte de la persistance et de l'élégance que celle de la puissance et de la chair : le résultat d’une recherche originale d’équilibre entre le gras et la fraîcheur comme en témoigne Jérôme Moitry : « nous n’avons plus de logique parcellaire en dehors de vieilles vignes ». Et ce qui préside au choix des lots pour les différents vins « ce sont les jus sous le pressoir ». Ensuite, « après des essais en amphore qui aplatissaient le vin » c’est un essai concluant en Wineglobe. Si la barrique convient au sémillon, c’est malgré tout cette piste originale du Wineglobe qui a été privilégiée afin de préserver la pureté et l’expression aromatique, sans la couvrir : pas d’élevage en barrique donc. Une réussite qui a conduit le château à s’équiper massivement de Wineglobes pour produire Lilium. S’ajoutent deux autres vins avec « Petite Lily » (18 €) et « Fenouil et Camomille » (35 € environ), un vin sous le label Vin Méthode Nature (certification récente <30 mg/l de sulfites) et dont le nom fait référence aux deux ânes que possède le château.

Désormais, c’est donc la moitié du vignoble de 30 hectares qui est consacrée à la production de blancs secs, l’autre moitié restant pour celle du fameux et unique liquoreux.

Une offre oenotouristique qui contribue à l’image de marque
Quatre formats sont proposés, chacun combinant visite et dégustation. Deux à quatre vins sont servis selon l’option choisie. La visite, assez originale, vaut vraiment le détour. On ne manquera pas la tisanerie destinée à la protection du vignoble (le château a été le premier cru classé à passer en biodynamie en 2010), ni l’alignement des Wineglobes, sans oublier la chartreuse, touchante par son classicisme et sa simplicité.

Château Climens - Wineglobes

Enfin, l’offre de repas, pour 6 à 16 personnes, a été étoffée. À côté de « La Table de Climens » qui continue d’exister, apparaît « la Table Gastronomique » , en partenariat avec le « chef à domicile » de la Maison Claude Darroze, 1 étoile Michelin. Ces repas se font dans les salons privés du château.

On le voit, avec cette nouvelle offre bien pensée, le château a su mettre à profit l’année de réflexion qui a suivi son acquisition en créant des produits adaptés à un segment plutôt premium qui lui correspond et en sublimant l’esprit de la maison. En innovant de belle manière, Climens est revenu sur le devant de la scène.