Vendredi 9 Janvier 2026
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09.01.2026
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La prestigieuse maison de Jarnac-Charente renoue avec ses premiers amours, le cognac millésimé. Cette nouvelle collection récemment présentée à l’Atelier Eiffel commence avec un single cask 1975. Avis aux amateurs
Chez Hine, tout part du produit. Et le maître de chai, Paul Szersnovicz, s’est arrêté sur un lot où puissance et équilibre, complexité aromatique et suavité, faisaient corps. Ce sera une Grande Champagne 1975, un lot de 500 carafes. Reste à écrire l’histoire autour. « À partir de là, j’ai eu carte blanche pour penser l’habillage, plus encore l’esprit, en revenant sur cette année, une année charnière que ce soit dans le cinéma, la musique, la littérature ou la mode, la technologie, l’évolution de la société », raconte l’artiste designer graphique Manon Briquet de Valon. Le nez au-dessus du verre à tulipe, les yeux fermés, c’est l’occasion rêvé de faire un bond en arrière, en cette année du lapin pour les Chinois.
C’est aussi une musique entêtante, celle des « Dents de la Mer », petit bijou du jeune Steven Spielberg, alors embarrassé par sa maquette de requin qui ne ressemble pas au vrai blanc. Le compositeur John Williams rassure le réalisateur en lui assurant que seulement quelques notes suffiront au spectateur pour imaginer le monstre. Bingo ! Toujours au cinéma, toujours les yeux fermés, c’est la pépite de Milos Forman en tête d’affiche pour un rôle sur mesure pour Jack Nicholson : « Vol au-dessus d’un nid de coucou ». Dans les bars, on découvre le premier jeu d’arcade utilisant un microprocesseur. Sur les routes, un Français, Bernard Thévenet, finit en jaune sur les Champs-Élysées. C’est également l’année de la femme décrétée par l’ONU pour mieux stigmatiser les inégalités aux quatre coins du monde. Un monde qui récompense Mère Teresa du prix Albert Schweitzer, un monde que l’alpiniste japonaise Junko Tabei gravit par l’Everest. Manon Briquet Valon a mis tout ça dans son shaker, portant enfin un regard aiguisé sur la mode pour concevoir la carafe et le coffret : « 1975 a marqué un tournant délicat et décisif, un moment où la tradition rencontre la transformation et où le monde se réinvente à travers le prisme de l’élégance, de l’expérimentation et de la créativité audacieuse. » Il en accouche une carafe en porcelaine de Limoges de la maison Bernardaud, en partenariat avec l’atelier Créanog pour l’étui et l’ébéniste Robin Françoise pour le coffret en bois. La designer a choisi des nuances d’orange pour parfaire cette collection qui se décline en 450 coffrets intitulés « Hine 1975 Poésie intemporelle » (3 500 €) et 50 coffrets « Intemporel rituel » (6 200 €).
Cette carafe en porcelaine de Limoges renferme une année chaude mais pas caniculaire. Frais et orageux jusqu’au mois de juillet, le climat s’est rattrapé au mois d’août pour rééquilibrer et apporter des conditions idéales. « Ce qui a permis une maturation optimale des raisins et la création d’eaux-de-vie d’un rare équilibre, à la fois puissantes et élégamment aromatiques », souligne Paul Szersnovicz, successeur du maître de chai Éric Forget. Chez Hine, on aime les effets millésimes et ce 1975 est un exemple idoine de race et de concentration. Alors que l’ADN du cognac est l’assemblage pour proposer une constance dans la gamme par le jeu des proportions, quelques maisons misent sur le millésimé. Hine en tête, et cette Grande Champagne 1975 est restée en fûts de grains fins un demi-siècle pour atteindre son plus grand potentiel désormais. L’eau-de-vie fut légèrement descendue à 47 degrés d’alcool. « Nous avons fait plusieurs essais et ce niveau de degré lui confère le meilleur équilibre. C’est un 100 % ugni blanc, un vin qui fut distillé avec les lies, un cognac vieilli dans un fût de 350 litres », résume le jeune maître de chai.
Pour le lancement de cette nouvelle collection, la maison Hine devait marquer le coup en choisissant un lot exceptionnel. Dès le premier nez, la puissance aromatique prévient que nous sommes face à une très grande eau-de-vie. Puissance et élégance sont au rendez-vous où l’écorce d’oranges et la gelée de coing se disputent. Une pointe de rancio s’invite au débat. En bouche, l’attaque est nerveuse, la fraîcheur et la sucrosité tempèrent la force de l’alcool. Les arômes éclatent en bouche et tapissent le palais. La promesse du nez est tenue. C’est long et élégant, la puissance et la gloire pour citer le chef-d’œuvre de Graham Greene. « Cette vie tranquille, paisible, immobile, passée notamment à l’ombre des murs du chai des Millésimes contraste avec le tumulte des événements du monde en 1975 », sourit le directeur général Thibaut Delrieu. Et on s’en doute, la maison Hine ne compte pas s’arrêter là : ce premier opus en appelle d’autres pour nous plonger à nouveau dans d’autres époques.
Terre de Vins aime : Hine Rare
Cette eau-de-vie de la maison présente un caractère très racé, une coupe qui donne une idée de ce que délivrera un 1975. Les notes d’abricots secs et de mandarines sont boostées par des touches épicées. C’est un cognac d’une très grande noblesse et à la fois un bonbon qui se déguste très facilement. La maison Hine suggère l’accord de ce cognac avec un bœuf Wellington : un mariage intelligent à tenter pendant les fêtes de fin d’année.
70 € les 70 cl


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