Une enquête administrative a établi que le fongicide épandu début mai sur une vigne à proximité d’une école primaire girondine provoquant des malaises chez les élèves, était un produit autorisé, mais son utilisation s’est faite dans des « conditions inappropriées », a indiqué jeudi la préfecture de la Gironde.

Une vingtaine d’enfants et une enseignante de l’école primaire de Villeneuve-de-Blaye (393 habitants) avaient été pris de malaises le 5 mai après l’épandage d’un fongicide sur des vignes situées à proximité de l’établissement. Les enfants s’étaient plaints de « picotements aux yeux, de maux de gorge ». Ils avaient alors été confinés dans les locaux scolaires et l’Agence régionale de santé (ARS) avait été alertée.

Ces malaises avaient entraîné l’ouverture d’une enquête de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt d’Aquitaine (Draaf) et de l’ARS.

« Les constats établis révèlent que les produits mis en œuvre le 5 mai 2014 sont des produits autorisés, que ces produits sont régulièrement utilisés contre l’oïdium et le mildiou », des champignons qui s’attaquent à la vigne, relève la préfecture de la Gironde dans un communiqué.

Elle précise toutefois que « leur emploi n’est cependant possible que si les conditions météorologiques le permettent, en particulier la vitesse du vent ».

« Tout indique que l’épandage des produits à proximité de l’école s’est déroulé dans des conditions inappropriées sans qu’aient été prises toutes les précautions pour le voisinage », souligne par ailleurs la préfecture.

Selon le communiqué, la surveillance sanitaire menée par l’Institut de veille sanitaire (Invs) et l’ARS indique qu’aucun autre symptôme n’a été signalé chez les élèves ou enseignants depuis le 6 mai.

La préfecture annonce d’autre part le lancement d’une campagne de sensibilisation auprès des agriculteurs et viticulteurs sur les conditions d’emploi des produits et le recensement des sites « sensibles », notamment les écoles, avec la mise en place de mesure de prévention (haies brise vent, barrières de protection, adaptation des horaires de traitement, etc.).

L’ONG Générations futures, qui fustige régulièrement les effets des pesticides, a dénoncé les faits et appelé « les ministères concernés à prendre de réelles mesures de protection des populations », souhaitant la mise en place de zones non traitées notamment le long des habitations.