La propriété de Pierrefeu-du-Var est présente aux côtés de « Terre de Vins » depuis la première édition de l’événement. Et ne fait pas exception cette année à sa traditionnelle venue printanière dans le sud-ouest. Rencontre.

C’est ce que l’on peut appeler une reconversion réussie. Après une première vie dans l’industrie médicale en région parisienne, Jean-Charles Buffet décide de changer radicalement de vie. Ce « passionné de vin depuis toujours », cherche un domaine à racheter. Très ouvert dans sa quête, il s’intéresse à la Loire, au Languedoc et au Rhône. Après un an de recherches, c’est finalement sur la Provence qu’il jette son dévolu. Il rachète en 2010 à Alain Baccino (viticulteur et actuel président de la chambre d’Agriculture du Var) une parcelle du Domaine des Peirecèdes, à Pierrefeu-du-Var. Et l’appelle « domaine Rostangue ». L’aventure viticole est lancée !

Située à une quinzaine de kilomètres de la mer au nord de Hyères, à l’extrémité ouest du massif des Maures, et exploitée en agriculture biologique depuis 2009, cette propriété de 8 ha a été certifiée bio en 2012. Sur des sols de schistes à la texture en feuillets rappellant l’ardoise, l’encépagement, très majoritairement rouge, est dominé par le grenache (70%), agrémenté de mourvèdre (15%), de cinsault, syrah et cabernet sauvignon.
La propriété produit deux cuvées rouges vinifiées et élevées en cuves en appellation Côtes de Provence Pierrefeu, ainsi que deux rosés de presse, en appellation Côtes de Provence et Côtes de Provence Pierrefeu, dans une fourchette de prix de 8 à 15€. Ces quatre vins en dégustation au salon de La Rochelle tout le week-end, présentent une trame commune « peu acide et peu amère, dans un style assez féminin » aux dires de leur créateur. Nouveauté, l’introduction cette année du cépage blanc rolle (aussi appelé vermentino) sur 0,3 ha, pour compléter la trilogie de couleurs avec environ 1 500 bouteilles de blanc.

Rosé de soif, rosé de table

Les rosés « très frais et fruités » sont des assemblages de grenache, mourvèdre et syrah. Rosé « classique de Provence, léger » (10€ l’unité), l’ « Eau-de-Roche » (Côtes de Provence) intègre 60% de grenache. Il s’apprécie bien frais à l’apéritif ou à table avec une grande variété de plats (entrées, salades, charcuterie, crustacés, viandes et poissons grillés, barbecue).
Cuvée haut-de-gamme, l’ « Or de Rostangue » (Côtes de Provence Pierrefeu) comprend une plus forte proportion de grenache (80%). Vin de gastronomie, il accompagne par excellence des plats en sauce ou exotiques, même un peu épicés, comme un poulet au curry (13€ l’unité).

Duo de rouges

En rouge, la cuvée « Terrasses du Réal » comporte plus de la moitié de l’assemblage en mourvèdre, assemblé avec le cabernet sauvignon (en 2014, 12,5 €), auquel se joint dans le millésime 2013 la syrah (9 €). A boire dans les trois à cinq ans, ce vin s’apprécie dès maintenant à l’apéritif, sur des salades et charcuteries, voire des poissons fins.
Quant à lui, avec ses tanins fondus s’achevant sur une sensation de fraîcheur, « La Cour d’Amour » 2014 est un assemblage de grenache (55 %) et syrah (45 %). Il offre un potentiel de garde plus important (jusqu’à une dizaine d’années). A déguster sur la charcuterie, les viandes grillées et les fromages (10,5 €).

Rostangue aujourd’hui et demain

Jean-Charles Buffet s’emploie depuis 2010 à implanter et développer la marque « Domaine Rostangue », qu’il a créée lors du rachat. « Nous vendons beaucoup localement, sur des marchés mais aussi des fêtes, notamment estivales. Deux commerciaux vendent aussi nos vins. Et nous faisons de nombreux salons, comme celui de La Rochelle depuis sa création. »
Prochain projet à court terme : construire un chai sur le domaine, pour assurer sur place la vinification, actuellement effectuée dans un chai loué à l’extérieur.