Le président de la République, qui inaugurait la 18ème édition du salon Vinexpo ce matin à Bordeaux, a soigneusement évité de se positionner dans le débat qui se joue actuellement (dans son propre camp) autour de la loi Evin. Tout en soulignant que la filière vin est « un secteur économique majeur pour la France ».

Horde de photographes, services de sécurité sur le qui-vive, allées bondées… Le coup d’envoi du 18ème salon Vinexpo, ce dimanche 14 juin au Parc des Expositions de Bordeaux, s’est déroulé dans une rare effervescence. Et pour cause : c’était la première fois qu’un président de la République venait inaugurer l’événement. François Hollande s’est présenté ce matin devant les acteurs de la filière vin, notamment en compagnie du maire de Bordeaux Alain Juppé, alors qu’un vif débat secoue sa propre majorité depuis quelques jours autour de l’assouplissement de la loi Evin.

Les parlementaires, qui ont adopté cette semaine un amendement de la loi Macron visant à clarifier le distinguo entre publicité et information sur l’alcool, ont provoqué l’émoi de plusieurs membres du gouvernement, dont Marisol Touraine et Stéphane Le Foll, lesquels s’opposaient à toute retouche de la loi Evin, en place depuis 1991.

Bordeaux, « capitale mondiale »

On attendait donc avec impatience d’entendre le président de la République s’exprimer sur le sujet. Ceux qui espéraient une prise de position forte et claire en seront pour leurs frais. François Hollande a tenu à vanter le « modèle français » en matière de consommation responsable et de lutte contre l’alcoolisme, un modèle qu’il entend « préserver ». « La loi Evin n’interdit pas la publicité mais l’encadre », a-t-il souligné. « Cet équilibre doit être préservé car il permet de défendre notre conception, sans créer de divisions ni de caricatures. Nous devons garder les équilibres de la loi Evin ». Et de conclure : « précision, clarification, préservation de la loi Evin », avant de rappeler, comme le signalent nos confrères de Sud-Ouest, que « le débat ne devait pas s’éterniser. » Sans oublier de rendre hommage à la filière vin, deuxième pôle d’exportation de l’économie française : « vous êtes leader mondial, il n’y a pas beaucoup de domaines où nous sommes leaders, c’est le sens de ma visite ». Et de souligner, à la grande satisfaction d’Alain Juppé certainement, que Bordeaux était « la capitale du monde pour les vins et les spiritueux aujourd’hui ».

Signalons au passage que Rodolphe Wartel, directeur de « Terre de Vins », a glissé un exemplaire du magazine au président, tout en lui exposant un cas pratique qui illustre bien le flou artistique régnant actuellement autour de la loi Evin : notre hors-série œnotourisme, paru en avril dernier, ayant vu sa TVA majorée car il mentionnait avec précision les adresses et coordonnées des établissements sélectionnés. La distinction entre information et promotion n’est donc pas si claire que cela…

M.D. avec R.W. et Sud-Ouest
Photo AFP